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Chapitre 2 Chapitre 2

Devant l’insistance de sa remarque, je réalise que ramener John chez moi serait une erreur. Et puis, après ce choc, je n’ai pas envie de me retrouver seule tout de suite.

— D’accord, mais pas longtemps.

— Promis. Connaissez-vous un bar à proximité ?

— Oui, il y en a un pas loin.

— Très bien.

Mon sauveur me soutient par la taille alors que nous nous dirigeons vers le bar. À notre arrivée, nous nous installons dans un coin tranquille.

— Que voulez-vous boire ? demande-t-il.

— Une tasse de thé, ce sera parfait, dis-je.

Le serveur arrive, et l’homme commande mon thé et un café pour lui-même. En observant sa main, je remarque des égratignures.

— Vous avez mal ? lui demandai-je.

— Non, ça ira. Et vous ?

Je touche ma joue, encore douloureuse de la première gifle de John.

— Ça ne fait pas trop mal. Merci d'être intervenu.

— Je ne supporte pas qu’on frappe une femme.

— Si vous n’étiez pas intervenu, cela aurait pu être pire. Je ne sais pas comment vous remercier.

— Commencez par me donner votre prénom.

— Lise.

— Enchanté, Lise. Moi, c’est Antoine.

— Enchantée.

Le serveur revient avec nos boissons, nous offrant un moment de silence pour nous observer.

— Savez-vous pourquoi votre ex-mari vous a frappée ? demande Antoine.

— Oui, j’ai refusé de lui donner une seconde chance. Alors que c’est lui qui a demandé le divorce, qui a été prononcé il y a trois mois.

— Vous frappait-il lorsque vous étiez ensemble ?

— Non, c’est la première fois. Et vous ? Enfin, je veux dire, êtes-vous marié ?

— Non, je suis célibataire et je travaille pour une maison d’édition.

Je vois ses égratignures de plus près.

— Vous devriez soigner votre main, lui dis-je.

— Ça ira, ne vous inquiétez pas.

— J’insiste. Je peux au moins faire ça après ce que vous avez fait pour moi.

Antoine acquiesce. Il règle l’addition, puis nous nous rendons chez moi. J’attrape une trousse de premiers soins et nettoie ses égratignures avec de l’alcool désinfectant. En appliquant un pansement, je ressens une sorte de connexion électrique entre nous.

— Merci, me dit-il.

— Non, c’est à moi de vous remercier de m’avoir sauvée.

Il sort une carte blanche de sa poche, écrit dessus et me la tend.

— Voici ma carte de visite, avec mon numéro professionnel. J’ai mis mon adresse personnelle au dos, si jamais vous souhaitez me joindre. J’espère vous revoir dans de meilleures circonstances.

— Merci pour tout.

Il me dit au revoir et part. Le soir même, alors que je décide d’oublier Antoine, je me retrouve à lui envoyer un texto. Je prends la carte posée sur la table de la salle à manger. En la retournant, je lis « au plaisir de vous revoir. »

« Je voulais encore vous remercier pour cette après-midi. Est-ce que votre main va mieux ? Lise. »

Envoyé. Je reprends mes activités, mais je ne peux m’empêcher de penser à Antoine. Qu’est-ce qu’il fait ? A-t-il reçu mon message ? En rentrant de mon cours de yoga, un message clignote sur mon téléphone. C’est lui !

« Chère Lise, ne me remerciez pas. J’ai vu une belle femme se faire frapper, j’ai simplement réagi. Au plaisir de vous lire, merci de m’avoir soigné. »

Oh ! Mon Dieu, il m’a répondu.

« C’était normal. »

Envoyé. Je range mon téléphone et continue ma marche. Mon mobile vibre de nouveau.

« Sachez que si c’était à refaire, je le ferais sans hésiter, mais faites attention, vous m’avez invité chez vous, je pourrais être un tueur. »

« Vous, un meurtrier ? Je n’y crois pas une seconde. Ne me faites pas la morale, j’ai déjà mes parents pour ça. Après ce que j’ai vécu, je ne suis pas prête à refaire confiance à un homme. »

« Ne vous fâchez pas. Non, je ne suis pas un tueur. Pourquoi ne faites-vous plus confiance aux hommes ? »

« Quelqu’un a trahi ma confiance ainsi que celle de mes parents. »

« Je me contenterai de cette réponse. »

« Je dois vous laisser, je vais dîner. »

« Bon appétit. »

« Merci. »

Je repose mon téléphone et m’occupe de mon repas. Alors que je finis de ranger la cuisine, un bip retentit.

« Fini de manger ? Je voudrais vous inviter à dîner demain ou un autre jour. »

Je n’en reviens pas, il m’invite, mais je ne suis pas libre demain.

« Bonjour, belle Lise ! Je vous envoie un message car, en me réveillant, j’ai pensé à vous. J’espère que vous avez bien dormi ? »

Depuis hier, j’ai l’impression de rêver. Un homme incroyable me sauve, puis me donne son numéro. C’est moi qui ai fait le premier pas en lui envoyant un message, mais ça ne change rien. On a bien discuté hier. Même si je ne comprends pas pourquoi il me trouve belle. Je dois admettre que lorsque j’ai touché sa main et qu’il a embrassé ma joue, j’ai ressenti quelque chose. Comme il me pose une question, je dois lui répondre.

« Bonjour, Antoine ! Oui, j’ai bien dormi cette nuit. Merci. Et vous ? Bonne journée de travail. »

Je pose mon portable, puis je continue à mettre mes affaires dans mon sac pour le week-end. Au bout d’une heure, tout est prêt, il ne me reste plus qu’à descendre la poubelle quand mon téléphone émet un bip.

« Oui, j’ai bien dormi. J’ai même fait un rêve où vous jouiez un rôle. Merci, ma journée avait mal commencé, mais grâce à vous, elle s’illumine. »

En lisant cela, mon cœur bat plus vite. Il a juste dit que son début de journée était difficile, mais que maintenant tout allait bien. Je lui réponds :

« J’en suis heureuse si votre journée se passe bien. Pour ma part, je suis occupée à faire le ménage avant de partir. »

Après avoir descendu la poubelle et mis mes affaires dans ma voiture, je monte chez moi. Je me rends compte que ma vie est étrange. Divorcée depuis trois mois, j’essaie de reprendre goût à la vie, mais j’ai encore du mal avec mon corps et à faire confiance à un homme. Pourtant, avec Antoine, j’ai pris la décision de l’inviter chez moi. Il s’est blessé en me sauvant, je lui ai donné mon numéro, et j’envisage même d’accepter sa proposition de dîner, alors que je le connais depuis un jour. Et encore, quand je dis le connaître, c’est exagéré. Sur sa carte, que je garde précieusement, je lis :

```

Monsieur Delaunay Antoine, Président Directeur Général

15 avenue des feuilles

36900 Londre

```

Hier, il m’a dit qu’il travaillait dans une maison d’édition, mais pas qu’il en était le PDG. Bon, je ne lui ai pas demandé en quoi consistait son travail. Moi qui rêve de publier mon premier roman, j’ai été sauvée par le PDG de la maison d’édition Shakespeare, qui est à Paris en plus. Je n’en reviens pas. Je pose la carte, puis je vais manger. Pendant mon repas, je reçois un SMS.

« Pas trop épuisée par le ménage, j’espère ? J’ai un peu de temps pour moi. »

« Pas fatiguée, je fais ça tous les vendredis. »

« Bien alors. Auriez-vous un peu de temps pour discuter ? »

« Je mange, mais oui. »

« Bon appétit, je ne veux pas vous gêner. »

« Vous ne me dérangez pas. »

« Je suis heureux. Alors, à part le ménage, qu’avez-vous fait ? »

« Pas grand-chose, préparer mes affaires pour le week-end. Et vous ? »

« Moi, j’ai eu des rendez-vous toute la matinée. C’était fatigant, mais vers 10h30, j’ai reçu un SMS d’une femme raffinée, ce qui m’a aidé à tenir. »

Hier et ce matin, il me disait que j’étais belle, et maintenant, je suis raffinée. Je ne sais même pas quoi répondre.

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  1. Chapitre 1Chapitre 1 Chapitre 1
  2. Chapitre 2Chapitre 2 Chapitre 2
  3. Chapitre 3Chapitre 3 Chapitre 3

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