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Chapitre 2
Je suis resté paralysé devant la porte de la chambre de Chloé, le téléphone de Camille résonnant encore dans ma tête. La vérité était si monstrueuse que mon esprit refusait de l'accepter.
Un flash-back m'a frappé. La dernière fois que j'ai vu Chloé. Camille la tenait par la main, prête à partir. Chloé m'a fait un signe de la main, son petit visage pâle mais souriant.
« Papa, on va en Suisse pour que je guérisse ! »
Je l'avais serrée dans mes bras, sentant sa fragilité. J'avais embrassé son front.
« Sois courageuse, mon trésor. Papa t'attend. »
Je lui avais donné sa peluche préférée, un petit lapin. J'avais vidé mon compte en banque, vendu des objets de valeur que j'avais hérités de ma propre famille, tout ça pour financer ce "traitement expérimental" hors de prix. J'aurais vendu mon âme pour elle.
Et Camille... elle savait. Elle savait, en me regardant dans les yeux, que c'était un mensonge. Elle m'a pris l'argent, elle a pris notre fille, et elle l'a emmenée mourir.
La conversation au téléphone a continué.
« Élodie, tu ne comprends pas. Olivier est ma chance de tout recommencer. D'avoir la vie que j'aurais dû avoir. Sans un mari provincial et une enfant malade. »
La cruauté de ses mots était chirurgicale. Elle ne parlait pas d'une tragédie. Elle parlait d'un plan.
« Et Antoine ? Il me doit tout. Sa carrière, ce train de vie... Sans ma famille, il ne serait rien. Juste un petit parfumeur de Grasse. Il s'en remettra. »
Le son de sa voix s'est rapproché. Elle avait raccroché. J'ai reculé dans la chambre de Chloé, le cœur battant à tout rompre.
Elle est entrée dans l'appartement, a posé son sac de luxe sur une chaise. Elle m'a vu et a affiché un air de tristesse convenue.
« Antoine... te voilà. C'était... trop dur pour moi d'y aller. Tu comprends, n'est-ce pas ? »
Je la regardais, et pour la première fois, je ne voyais pas ma femme. Je voyais une étrangère. Un monstre.
« Où étais-tu, Camille ? » ma voix était un murmure rauque.
Elle a haussé un sourcil. « Je t'ai dit, j'avais besoin d'être seule. Pour faire mon deuil. »
Le mensonge. Si facile, si naturel pour elle.
Je n'ai rien dit. Je ne pouvais pas. Le choc était trop grand. Je me suis retourné et j'ai commencé à ramasser les jouets de Chloé, un par un, les plaçant délicatement dans un carton.
« Qu'est-ce que tu fais ? Laisse ça, la bonne s'en chargera. »
Je l'ai ignorée. Chaque jouet était un souvenir. Sa petite cuisine en bois. Ses crayons de couleur.
Elle s'est approchée, agacée. « Antoine, je te parle. Arrête ça. C'est morbide. »
Je me suis relevé, un petit dessin de Chloé à la main. Un dessin de nous trois. Une famille.
« Elle n'est pas morte de sa maladie, n'est-ce pas ? »
C'est tout ce qui est disponible pour le moment.
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