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Chapitre 2 02

Je suis en route pour l'Enclave.

J'emprunte le tramway pendant plusieurs minutes avant d'arriver dans le quartier réputé comme étant le plus riche de La Nouvelle Orléans: Central Business District.

L'architecture est assez différente du Quartier Français. De hauts buildings s'élèvent massivement au dessus des routes à forte circulation. Ce quartier ressemble entre autres davantage à n'importe quelle capitale occidentale.

Une fois sortie du Tramway, j'active mon GPS en direction de l'adresse que m'as envoyé Nathanaël. J'arrive alors devant le fameux bâtiment. Je remarque tout de suite qu'on ne peut pas y rentrer sans code et qu'il n'y a pas de sonnerie, ce qui m'empêche d'aller plus loin. Je décide donc d'appeler « l'hypnotiseur ».

Nathanaël décroche au bout d'un certain moment.

— Allô?

— Salut, c'est Linda. Je suis en bas de l'immeuble, j'articule alors audiblement.

— Je t'envoie Laura, ne bouge pas! Me répond-il, immédiatement.

Je raccroche alors et attends patiemment, le cœur battant, que la jeune femme arrive.

La porte finit par s'ouvrir, et Laura apparaît sur le pas de la porte.

Quand elle me voit, elle m'accorde un sourire radieux, à l'allure presque séductrice.

— Linda! Je suis contente de te voir! Comment tu vas? Me lance-t-elle sur un air très enjoué, en me claquant déjà la bise.

Un peu surprise de sa proximité, je me fige légèrement mais me laisse faire.

— Un peu stressée, je souris à mon tour.

— Il ne faut pas. Je vais te présenter les lieux et les personnes importantes de l'Enclave même si tu as déjà rencontré la plupart, me propose-t-elle dans un élan d'enthousiasme.

Elle m'emmène directement dans un ascenseur, qui grimpe rapidement jusqu'au troisième étage. Une fois les portes ouvertes, elle m'entraîne dans un long couloir dans un élan d'enthousiasme.

Il est presque neuf heure du matin et je comprends rapidement que c'est l'heure à laquelle les salariés arrivent. Elle pointe du doigt la pièce la plus proche.

— Premier bureau à gauche, c'est le mien. En vérité je n'y suis pas beaucoup parce que je suis toujours fourrée avec Vildred. On supervise pas mal de trucs ensemble.

Son bureau est majoritairement noir. Les rideaux sont encore tirés, plongeant la pièce dans l'obscurité. Puis, elle me désigne une pièce à côté avant de continuer de m'expliquer.

— ...Maria gère tout l'administratif, c'est une sorcière spécialisée dans le déplacement des objets. Très pratiques pour classés les documents, poursuit-elle en me désignant une femme toute petite, ayant la trentaine, les cheveux blonds attachés en chignon.

Elle me fait un petit signe discret et timide auquel je réponds par un sourire.

— ...Oh, et ne t'inquiète pas, à peu près tout le monde dans ce couloir est au courant pour ta ressemblance avec Arabella, me précise la jeune femme.

Elle fait quelques pas avant de s'arrêter au niveau du bureau d'à côté, vide.

— D'ailleurs, c'est là qu'elle travaillait. Elle s'occuper de rechercher avec Vildred des Surnaturels ayant commis des actes illégaux, mais maintenant qu'elle n'est plus là, je l'ai remplacée.

Vingt heures.

Le soleil s'apprête à se coucher, conférant aux rues animées de La Nouvelle Orléans un aspect flamboyant presque envoûtant.

C'est vrai qu'il y a une atmosphère très particulière dans cette ville. Dernière les foules de touristes, je sentais que cette ville était destinée à d'autres choses que ça.

Pour le moment, tout s'enchaîne très vite. Je n'ai pas trop de temps pour moi, mais ce soir je ne travaille pas au restaurant. Je me décide donc d'aller me faire plaisir et d'aller dîner en ville,

Certes seule, mais peut-être que cela pourrait me permettre de faire quelques rencontres. Les commerçants sont accueillants ici, à l'exception du patron de l'établissement dans lequel je travaille. C'est vrai qu'il est assez désagréable et met beaucoup de pression à ses employés, notamment aux nouveaux, mais je n'avais trouvé de job nul part. Comme j'avais besoin d'argent pour payer la location de l'appartement, j'avais dû faire quelques concessions.

Je marche en direction du petit restaurant, dans lequel j'ai prévu de manger. Les gargouillis dans mon vente me déconcentre cependant, au point que je me rends compte en regardant mon GPS que j'ai omis de tourner au carrefour que je viens de dépasser.

Je tourne alors mes talons et sursaute subitement quand je me rends compte que je viens de buter malencontreusement contre quelqu'un, me flanquant une frousse monumentale.

C'est Vildred...

Je comprends qu'il me suivait. Mais, depuis combien de temps,?

Toujours aux pires endroits pour me faire peur, celui-la.

— Nan mais ça va pas de me faire peur comme ça? Je m'écrie impulsivement, le cœur tambourinant dans ma poitrine.

— Pardon, ce n'était pas le but, me répond-il sans émotion dans la voix.

...Évidemment vu qu'il n'en ressent pas.

— C'est vrai que tu ne t'es pas dit que de suivre quelqu'un dans la rue ça pouvait être absolument flippant!

— Je ne te suis pas. Je fais en sorte que nos chemins se croisent.

Encore plus rassurant.

Je croise les bras sur ma poitrine, dubitative. Je regarde néanmoins discrètement autour de moi s'il y a des passants au cas où il tente quelque chose.

— Pas sûre que cela aille en ta faveur.

Vildred plonge ses yeux dans les miens et y lit instantanément mon inquiétude.

— Si j'avais voulu te kidnapper crois moi que je l'aurais déjà fait. L'enclave ne kidnappe pas les gens, mais des Surnaturels si, surtout quand ils comprendront que la petite rousse qui se balade dans La Nouvelle Orléans ressemble comme deux goûte d'eau à une autre.

Je frisonne alors. Vildred a raison, peut-être que je n'étais plus vraiment en sécurité dans cette ville.

— Qu'est-ce que tu veux? J'articule alors.

— Viens avec moi et tu verras ce que je te propose.

Vildred me fait alors signe de le suivre. Je m'exécute, toutefois prudente. Je ne sais pas à quel point je peux lui faire confiance. Bilan de ces derniers jours: j'ai rencontré pas mal de surnaturels, tous différents les uns des autres.

Tout d'abord Nathanaël. C'est celui qui m'a l'air le plus de confiance. Mais, il est visiblement aussi celui qui a le moins d'influence à l'Enclave. Cependant, c'est toujours utile d'avoir un sorcier dans les parages.

Laura. Gentille fille, très énergique, qui semble être ouverte à me connaître et à m'aider. Est-ce que je pourrais m'en faire une amie? Mais, peut-on être véritablement amie avec quelqu'un qui peut vous vider de votre sang dans ses moments de faiblesse? Je n'ai pas la réponse.

Ensuite, Vildred. Au début il me terrifiait avec sa froideur extrême, mais son absence d'émotion lui apporte un aspect factuel non négligeable qui le rend en quelque sorte intéressant. Il n'est pas si terrible que ça finalement. Je suis consciente que son attitude envers moi est rudement intéressée, mais je me sens protégée quand je suis avec lui.

Isaac. Que dire d'Isaac...Qu'il est beau, ça c'est une évidence avec ses kilos de muscles sur les bras...Mais, mon Dieu, qu'il est imbuvable! Il semble ne pas me faire confiance pour le moment. Est-ce que c'est à moi de faire le premier pas vers lui et lui convaincre que je ne suis pas une imposteur? Le problème c'est que j'ai trop de fierté, et la façon désobligeante avec laquelle il a parlé de moi, ne me donne pour le moment absolument pas envie de lui adresser la parole.

Straze. Je ne connais pas grand chose du vampire à part qu'il semble être en mauvais terme avec Vildred pour une raison que j'ignore. Je n'ai pas vraiment envie de le recroiser.

Ulrich. Vildred m'a raconté qu'il était le rival d'Isaac et qu'il avait toujours convoité son poste. Être numéro trois de l'Enclave ne lui suffit pas, selon le chasseur de prime. Apparemment, c'est un métamorphe. C'est à dire qu'il a la capacité de se transformer en n'importe qui, ce qui peut être une très grosse force pour lui. Quoiqu'il en soit, il ne m'inspire pas confiance. Je crois qu'il m'a dorénavant dans le collimateur. J'essaierai par la suite de l'éviter.

Le bilan est mitigé. Même si je meurs d'envie de connaître un peu plus les secrets des Surnaturels, et de comprendre ce que je suis réellement et quel lien nous lie Arabella et moi, j'ai conscience que je dois rester prudente. Vildred m'a mise en garde: les Doppelgängers sont un mystère que bien des Surnaturels aimeraient percer.

Malgré mon excitation grandissante sur ces nouvelles questions, un retour à la réalité doit malheureusement s'imposer. Je travaille plusieurs soirs par semaine dans un restaurant assez fréquenté de Canal Street. Et ce n'est pas une partie de plaisir. Le manager est désagréable et complètement antipathique. Il instaure un climat de tension à tous les employés, notamment à moi qui suis nouvelle et qui n'ai pas l'habitude du travail en restauration. Je ne vais pas assez vite selon lui.

On est lundi, la soirée vient juste de commencer. Le restaurant est pour la moitié vide même s'il commence à se remplir.

— Un client attend depuis dix minutes qu'on prenne sa commande à la table 12. Ça serait pas mal que tu te bouges un peu, Elena, avant qu'il s'en aille! M'interpelle désagréablement le gérant alors que je croule sous une montagne d'assiettes vides que je dois ramener en cuisine.

— Moi, c'est Linda, je le reprends alors.

— C'est pareil. Dépêche-toi.

Je l'insulte dans ma tête et dépose enfin en cuisine les plats avant de me diriger vers la table, les yeux rivés sur les feuilles de mon calepin qui ne font que de voler à cause des ventilateurs.

— Bonjour, je peux vous servir quelque chose, Monsieur? Je lance, les yeux toujours focalisés sur ce satané bloc.

— Dans un second temps, pourquoi pas. Mais tout d'abord, une simple discussion suffira.

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