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Chapitre 2

Une photo en particulier m'a brisé. Alan, Juliette et Ella, posant devant un coucher de soleil sur la Côte d'Azur. Un ami avait commenté : « La famille parfaite ! » Et Juliette avait "aimé" ce commentaire.

Ce simple "j'aime" était une confirmation. Une fin.

J'ai passé une nuit blanche, à fixer le plafond. Le lendemain, une date m'est revenue en mémoire. Notre anniversaire de mariage. Six ans. J'étais sûrement le seul à m'en souvenir.

J'ai essayé d'appeler Juliette. Elle a répondu, sa voix agacée.

« Qu'est-ce que tu veux, William ? Je suis occupée. »

« C'est notre anniversaire aujourd'hui. »

Un silence. Puis un rire froid. « Et alors ? Ne me dérange pas pour des bêtises pareilles. »

Elle a raccroché.

Malgré tout, une partie de moi espérait encore. J'ai passé la journée à préparer son plat préféré, à décorer la salle à manger. J'espérais qu'au moins Ella se souviendrait de moi.

Étonnamment, Ella est rentrée ce soir-là, ramenée par un chauffeur. Elle a couru vers moi, ce qui n'arrivait jamais.

« William ! Tu m'as manqué ! »

Mon cœur a bondi de joie. Je l'ai prise dans mes bras, savourant ce moment rare.

« Tu veux bien m'emmener au parc ? S'il te plaît, s'il te plaît ! Tout de suite ! »

Son excitation était contagieuse. J'ai tout laissé en plan et je l'ai emmenée. Au parc, elle m'a demandé d'aller lui acheter une glace de l'autre côté de la rue.

Quand je suis revenu, elle avait disparu.

La panique m'a saisi. J'ai crié son nom, couru partout comme un fou. J'ai cherché pendant une heure avant d'appeler la police, la voix tremblante.

Alors que je faisais ma déposition, mon téléphone a sonné. C'était la gouvernante.

« Monsieur, Mademoiselle Ella est rentrée à la maison. Elle a dit qu'elle avait pris un taxi toute seule. »

Le soulagement a été immédiatement remplacé par une froide colère. Je suis rentré en trombe. Ella était assise sur le canapé, jouant sur sa tablette, l'air de rien.

« Ella ! Pourquoi as-tu fait ça ? J'étais mort d'inquiétude ! »

Elle a levé les yeux, son regard vide de tout remords.

« C'est de ta faute. Tu as été trop long. Je m'ennuyais. »

Plus tard dans la soirée, en vérifiant les caméras de sécurité de la maison pour comprendre comment elle était rentrée, j'ai découvert une vidéo qui n'aurait jamais dû être là. C'était une conversation vidéo entre Ella et Alan.

La voix mielleuse d'Alan disait : « Si tu veux que maman et moi soyons toujours ensemble, tu dois faire en sorte que William parte. Fais-lui croire que tu l'aimes, puis fais quelque chose pour qu'il soit blâmé. Maman sera tellement en colère qu'elle le chassera. »

Le monde s'est effondré autour de moi. Ce n'était pas seulement ma fille. C'était lui. Il la manipulait.

Le lendemain, mon téléphone a vibré sans arrêt. C'était Alan. Il m'envoyait une série de photos. Lui et Juliette, s'embrassant sur la plage. Eux, dînant aux chandelles. Eux, dans le lit de notre chambre.

J'ai transféré les photos à Juliette. Pas de réponse. Quelques minutes plus tard, j'ai reçu une notification : Alan avait supprimé le message de son téléphone. Elle était à côté de lui. Elle l'avait laissé faire.

Puis, un message d'Alan.

« Elle ne t'a jamais aimé. Abandonne. »

Une rage aveugle m'a submergé. J'ai attrapé un cadre photo sur la cheminée – notre seule photo de mariage – et je l'ai fracassé contre le mur.

Le téléphone a sonné. C'était ma voisine en Normandie. Sa voix était paniquée.

« William, c'est ta mère... Elle a eu une crise cardiaque. »

Mon cœur s'est arrêté.

J'ai appris sa mort une heure plus tard, par un médecin à l'autre bout du fil.

J'ai appelé Juliette. Sa voix était lasse.

« Quoi encore ? »

« Maman est décédée. L'enterrement est dans deux jours. »

« Oh. C'est dommage. Mais je suis très occupée. Et Ella a un cours de poney. Nous ne pourrons pas venir. »

Elle a raccroché.

J'ai traversé les funérailles comme un fantôme. Seul. Les voisins chuchotaient, se demandant où étaient ma femme et ma fille.

En rentrant à Paris, épuisé, j'ai vu qu'un colis était arrivé. C'était le dernier pot de confiture de caramel au beurre salé que ma mère m'avait fait, envoyé juste avant sa mort.

Je l'ai cherché dans la cuisine, le cœur serré. Je l'ai trouvé sur le comptoir. Ouvert. Et à moitié vide.

La gouvernante est entrée, l'air gêné.

« Monsieur Alan a dit qu'il voulait goûter une spécialité normande. Madame et Mademoiselle Ella lui en ont servi avec des crêpes ce matin. »

C'est tout ce qui est disponible pour le moment.

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Liste des chapitres

10 chapitres au total

  1. Chapitre 1Introduction
  2. Chapitre 2Chapitre 1
  3. Chapitre 3Chapitre 2

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