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Chapitre 2

Je suis retourné au domaine le lendemain, un mauvais pressentiment au creux de l'estomac. Je voulais lui parler, comprendre pourquoi elle ne m'avait pas appelé. Son silence était plus inquiétant que n'importe quel reproche. Le portail était ouvert, je suis entré sans m'annoncer.

Je les ai vus de loin, près du lac. Sophie et Marc. Ils ne se disputaient pas. Ils riaient. Marc a passé son bras autour de ses épaules, un geste possessif, et elle s'est laissée faire. Elle a même penché la tête contre lui. Mon cœur s'est arrêté de battre. C'était notre endroit, le banc au bord du lac. C'est là que je l'avais demandée en mariage.

Je me suis approché, le bruit de mes pas sur le gravier a trahi ma présence. Ils se sont tournés vers moi. Le sourire de Sophie s'est effacé.

Marc, lui, n'a pas bougé. Son sourire s'est même élargi.

« Tiens, Dubois. Vous nous avez suivis ? »

Sa voix était mielleuse, mais ses mots étaient une accusation.

« Je venais voir Sophie, » ai-je dit, en essayant de garder un ton neutre.

« Comme tu vois, elle est occupée, » a-t-il répliqué.

Je me suis tourné vers elle.

« Sophie ? »

Elle a détourné le regard, l'air mal à l'aise.

« Pierre, je... je ne t'attendais pas. »

Son ton était froid, distant. Ce n'était plus ma Sophie. C'était une étrangère qui portait son visage. La femme que j'aimais aurait couru vers moi, m'aurait pris dans ses bras. Celle-ci restait immobile, à côté de cet homme.

« Tu n'as pas appelé pour l'invitation, » ai-je dit bêtement.

« J'ai été très occupée, » a-t-elle répondu, vague. « Marc m'aide avec les finances du domaine. C'est très compliqué. »

Elle m'a promis de m'appeler plus tard, que nous parlerions. C'était une excuse, une façon de me repousser gentiment. J'ai vu le soulagement sur son visage quand j'ai commencé à reculer.

Alors que je tournais les talons, Marc a ajouté :

« Ne vous inquiétez pas pour elle, Dubois. Pendant que vous dessinez vos petites maisons, certains d'entre nous s'occupent de choses sérieuses. Le monde réel. »

Cette phrase, cette condescendance. C'était une insulte directe à mon travail, à ma passion, à ce que j'étais. J'ai regardé Sophie, attendant qu'elle me défende. Elle n'a rien dit. Elle a juste baissé les yeux. C'était pire qu'une gifle.

Elle m'a demandé de partir, pas avec des mots, mais avec un regard. Un regard qui me suppliait de ne pas faire de scène. Alors je suis parti. Je me sentais vide, trahi. C'était comme marcher dans un cauchemar.

Quelques jours plus tard, un coursier m'a livré un petit paquet. Dedans, un peigne en jade, celui que sa grand-mère lui avait offert et qu'elle m'avait confié un jour, en me disant : « C'est pour la femme de l'héritier des de Valois. Garde-le précieusement jusqu'à notre mariage. »

Il y avait un mot avec. « Pardonne-moi. Les choses sont compliquées. Je t'aime. S. »

Cette note a ravivé une petite lueur d'espoir en moi. Une lueur stupide et fragile. Je me suis dit que c'était une crise, qu'elle était sous pression, que son cousin l'influençait. Je me suis accroché à ces trois mots : « Je t'aime. »

Mais les jours suivants, le fossé s'est creusé. Elle était de plus en plus souvent avec Marc. Ils assistaient ensemble à des dîners, à des réceptions. On les voyait partout dans la presse mondaine. Le couple parfait. L'héritière et l'homme d'affaires. Et moi, j'étais l'ombre, le fiancé oublié, celui qui attendait un appel qui ne venait jamais.

C'est tout ce qui est disponible pour le moment.

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Liste des chapitres

11 chapitres au total

  1. Chapitre 1Introduction
  2. Chapitre 2Chapitre 1
  3. Chapitre 3Chapitre 2

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