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Chapitre 2
Mon téléphone a sonné alors que je fixais le vide. C'était le centre médical du travail.
« Monsieur Léo Martin ? »
« Oui. »
« Nous avons les résultats de vos examens. Je suis désolé. Vous avez un mésothéliome. C'est très avancé. »
Le silence du médecin était plus lourd que ses mots.
« Combien de temps ? » ai-je demandé, ma voix un murmure.
« Un mois. Peut-être moins. »
J'ai raccroché. Un mois. Mon sacrifice pour elle m'avait coûté la vie.
Au même moment, une notification est apparue sur mon écran. Un message de l'assistante de Chloé. J'avais utilisé mes dernières économies, l'argent que je n'avais pas encore donné à Chloé, pour acheter sa loyauté. Elle était une femme plus âgée, dégoûtée par le cynisme de sa patronne.
Le message contenait une photo d'un carton d'invitation luxueux.
« Mariage de Chloé Dubois et Hugo Vasseur. Le 15 juin, à l'Hôtel du Cap-Eden-Roc, Antibes. »
La date était dans exactement un mois.
Mon mariage avec la mort était fixé au même jour que son mariage avec le luxe et le mensonge.
Quelques jours plus tard, c'était notre anniversaire de mariage. Le cinquième. Le dernier.
La porte s'est ouverte. Chloé est entrée, un bouquet d'iris à la main. "Le messager de l'amour", c'est ce qu'elle disait toujours.
« Léo, je pensais à toi. Je sais que c'est dur. »
Elle a posé les fleurs sur la table. Elle jouait son rôle à la perfection. La femme aimante, accablée par le chagrin d'une séparation nécessaire.
Elle s'est approchée, a arrangé le col de ma chemise.
« Tu as l'air fatigué. Tu dois te ménager. »
C'est là que je l'ai vu. Une petite marque violette sur son cou, juste sous la ligne de sa mâchoire. Un suçon.
Mon regard est descendu sur sa main. Elle portait une bague à son annulaire. Une imitation bon marché de notre alliance.
L'assistante m'avait envoyé une photo la veille. Hugo portant fièrement la vraie. Ma bague. Celle que mon grand-père, artisan lui aussi, avait faite pour ma grand-mère.
Chloé a suivi mon regard. Elle a eu un mouvement de recul, cachant sa main.
« Oh, ça... J'ai dû vendre la vraie. Pour les dettes. Je ne supportais pas de ne rien porter. »
Elle mentait. Elle mentait encore. Chaque mot était un poison.
J'ai détourné les yeux, fixant le bouquet d'iris. Leurs couleurs vives me semblaient soudain funèbres.
C'est tout ce qui est disponible pour le moment.
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