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Chapitre 2

Les jours suivants ont été un enfer. La rumeur s'est répandue comme une traînée de poudre sur le campus. Ce n'était plus seulement un article en ligne, c'était devenu une réalité tangible qui me frappait au visage à chaque coin de couloir.

À la bibliothèque, alors que je cherchais un livre, j'ai entendu deux étudiantes chuchoter derrière moi.

« C'est elle, la fille de l'article... »

« Beurk, c'est glauque. »

Je me suis retournée et je les ai fusillées du regard. Elles ont baissé les yeux, l'air coupable, mais le mal était fait. Je sentais leurs regards dans mon dos alors que je m'éloignais, le ventre noué.

En cours, le professeur qui me saluait toujours avec un sourire m'adressait à peine un signe de tête. Mes camarades de groupe pour un projet important sont devenus distants, communiquant avec moi par e-mail plutôt que de me parler directement. J'étais devenue une paria. La simple présence de mon nom sur un écran d'ordinateur avait suffi à me salir, à me transformer en monstre. La colère montait en moi, une colère sourde et amère.

Un après-midi, à la cafétéria, un groupe d'étudiants d'une autre promotion parlait fort à une table voisine. J'ai reconnu l'un d'eux, un type qui traînait souvent avec Sophie. Il racontait l'histoire à sa façon, en rajoutant des détails sordides et inventés.

« Apparemment, il y a même des photos plus explicites qui circulent... », a-t-il lancé avec un clin d'œil gras.

Je n'ai pas pu me retenir. Je me suis levée et je me suis approchée de leur table.

« Ce que tu dis est faux », ai-je dit, ma voix plus ferme que je ne l'aurais cru. « C'est de la diffamation et c'est puni par la loi. Je te conseille d'arrêter de propager ces mensonges. »

Le garçon m'a regardée de haut en bas avec un air moqueur.

« Oh, la voilà ! L'opprimée qui défend son matriarcat. Sophie nous a tout expliqué. Tu es juste une victime du système, ma pauvre. »

Ses amis ont ricané. Je me sentais humiliée, seule contre tous. J'ai serré les poings, sachant que la moindre réaction physique se retournerait contre moi. J'ai fait demi-tour et j'ai quitté la cafétéria, leurs rires me poursuivant.

C'est sa phrase qui a tourné en boucle dans ma tête : « des photos plus explicites ». Au début, j'ai pensé qu'il inventait. Mais en y réfléchissant, une idée horrible a germé dans mon esprit. Sophie était assez folle pour ça. Elle était étudiante en art, comme moi. Elle maîtrisait Photoshop.

Le soir même, alors que je passais devant sa chambre, j'ai entendu des éclats de voix. La porte était entrouverte. J'ai vu Sophie, assise devant son ordinateur, montrant quelque chose à une autre fille.

« Tu vois ? Avec sa tête et le corps de cette actrice porno, on dirait une vraie ! Et là, j'ai ajouté sa mère derrière, l'air complice. C'est génial, non ? Ça va vraiment les achever. »

J'ai senti mon estomac se retourner. La nausée m'a submergée. Ce n'était plus de la diffamation, c'était la fabrication de preuves pour détruire ma vie et celle de ma mère. La haine que j'ai ressentie à ce moment-là était si pure, si intense, qu'elle m'a presque fait perdre pied.

Sans réfléchir, j'ai poussé la porte et je me suis jetée sur elle.

« Montre-moi ça, espèce de monstre ! »

Je voulais attraper son ordinateur, avoir la preuve. Sophie a crié et a repoussé sa chaise violemment. Nous sommes tombées au sol dans un enchevêtrement de bras et de jambes. Elle me griffait, je tentais de la maîtriser. Nos autres colocataires, alertées par le bruit, sont accourues et nous ont séparées.

J'étais en état de choc, le souffle court, une griffure en sang sur la joue. J'ai immédiatement sorti mon téléphone.

« Chloé, elle a fabriqué des fausses photos. Des montages pornos. J'ai essayé de l'arrêter, on s'est battues. »

« Calme-toi, Jeanne », m'a répondu ma cousine. « Ne touche plus à rien. Reste où tu es. Les flics sont en route, je les ai prévenus qu'elle pourrait détruire les preuves. »

Pendant que j'étais au téléphone, Sophie, réalisant ce qui se passait, s'est précipitée vers son ordinateur. Sous mes yeux, elle a commencé à cliquer frénétiquement. J'ai vu la fenêtre d'un logiciel se fermer, puis elle a fait glisser un dossier vers la corbeille et l'a vidée.

Elle s'est retournée vers moi, le visage en sueur mais avec ce même sourire triomphant et détestable.

« Trop tard », a-t-elle sifflé. « Tu n'as rien. Absolument rien. Personne ne te croira jamais. »

Elle pensait avoir gagné. Elle pensait que son geste rapide l'avait sauvée. Mais en la voyant là, si sûre d'elle, si persuadée de son impunité, j'ai su qu'elle venait de commettre une erreur fatale. Son arrogance était son plus grand ennemi, et j'allais m'en servir contre elle.

C'est tout ce qui est disponible pour le moment.

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Liste des chapitres

12 chapitres au total

  1. Chapitre 1Introduction
  2. Chapitre 2Chapitre 1
  3. Chapitre 3Chapitre 2

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