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Chapitre 2 La Tragédie
Ce matin-là, la maison des Dubois résonnait des bruits habituels du petit déjeuner. Bertrand feuilletait le journal, un café fumant à portée de main, tandis que Jeannette préparait des tartines pour Iris, qui babillait joyeusement sur ses dernières créations artistiques. Anne lisait tranquillement un roman, et Yann, déjà en uniforme de sport, engloutissait ses céréales.
« Maman, regarde ce dessin que j'ai fait ! » s'exclama Iris en tendant une feuille couverte de couleurs vives.
« C’est magnifique, ma chérie. Tu es vraiment douée, » répondit Jeannette avec un sourire tendre.
« Papa, tu pourras venir me voir jouer ce week-end ? » demanda Yann, les yeux brillants d'espoir.
« Bien sûr, fiston. Je ne manquerais ça pour rien au monde, » assura Bertrand en souriant.
La matinée passa dans une routine douce et joyeuse. Bertrand et Jeannette s'apprêtaient à partir pour un déjeuner d’affaires important. Avant de partir, Bertrand embrassa Jeannette et se tourna vers ses enfants.
« Soyez sages, on revient pour le dîner, » dit-il en leur adressant un clin d'œil.
« À ce soir, mes amours, » ajouta Jeannette, en les embrassant tour à tour.
Anne, Yann et Iris les regardèrent partir, sans se douter que ce serait la dernière fois qu’ils les verraient vivants.
Plus tard dans l'après-midi, alors qu'Anne aidait Iris avec ses devoirs et que Yann était sorti jouer au basket avec des amis, le téléphone sonna. Anne décrocha, sans se douter que cet appel allait bouleverser leur vie à jamais.
« Mademoiselle Dubois ? » dit une voix grave à l’autre bout du fil.
« Oui, c’est Anne. Qui est à l'appareil ? »
« Ici l'hôpital général. Vos parents ont eu un accident de voiture. Vous devez venir immédiatement. »
Le téléphone glissa des mains d'Anne. Son cœur s'arrêta un instant. « Non… non, ce n’est pas possible, » murmura-t-elle, les larmes commençant à couler.
Yann, qui venait de rentrer, la trouva en larmes. « Anne, qu’est-ce qui se passe ? »
« C’est papa et maman… Ils ont eu un accident. Il faut aller à l'hôpital, tout de suite, » dit-elle d’une voix brisée.
Le trajet jusqu'à l'hôpital se fit dans un silence oppressant. Anne tenait la main d’Iris, qui, confuse et effrayée, ne comprenait pas vraiment ce qui se passait. Yann, le visage fermé, essayait de rester fort pour ses sœurs.
À l’hôpital, une infirmière les conduisit dans une salle d’attente où un médecin les rejoignit rapidement. Son visage grave leur dit tout ce qu'ils avaient besoin de savoir avant même qu'il ouvre la bouche.
« Je suis désolé, » commença-t-il. « Vos parents ont succombé à leurs blessures. Nous avons tout fait pour les sauver, mais... »
Anne éclata en sanglots, tombant à genoux. Yann serra les poings, le visage tordu par la douleur et la rage. Iris, trop jeune pour comprendre pleinement, pleurait en silence, serrée contre Anne.
« Ce n’est pas juste ! » hurla Yann. « Ils ne peuvent pas être partis comme ça ! »
Anne, essayant de reprendre son souffle, murmura : « Comment allons-nous faire sans eux ? »
Le médecin posa une main réconfortante sur l'épaule d'Anne. « Je sais que c’est difficile à croire maintenant, mais vous trouverez la force de surmonter cette épreuve. Ensemble. »
Les jours qui suivirent furent un tourbillon de douleur et de confusion. La maison, autrefois pleine de vie et de rires, était maintenant silencieuse, remplie seulement des échos du passé. Les funérailles furent un moment de chagrin profond, où les amis et la famille se rassemblèrent pour rendre hommage à Bertrand et Jeannette.
Anne, Yann et Iris se tenaient près du cercueil, les mains serrées les unes contre les autres. Anne se força à rester forte pour ses frères et sœurs, mais à l’intérieur, elle se sentait brisée.
« Papa et maman voudraient qu’on reste unis, » murmura-t-elle à Yann et Iris. « On va y arriver. Ensemble. »
Yann hocha la tête, les yeux pleins de larmes. « Oui, on va y arriver, » répondit-il, la voix tremblante.
Iris, tenant la main d’Anne, dit doucement : « Ils sont toujours avec nous, dans notre cœur. »
Cette promesse silencieuse devint leur force. La vie des Dubois avait changé à jamais, mais dans leur douleur, ils trouvèrent une nouvelle forme de solidarité. Anne savait que la route serait longue et difficile, mais elle était prête à tout pour ses frères et sœurs, déterminée à honorer la mémoire de leurs parents par leur résilience et leur amour.
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