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Chapitre 2

Chloé a entendu mon bref échange avec M. Fournier.

Elle s'est approchée, l'air faussement modeste.

« Le prix d'excellence ? Oh, M. Fournier m'a appelée aussi. Je ne comprends pas, je ne le mérite pas autant que toi, Amélie. »

Sa voix était douce, pleine d'une fausse innocence. Une joie mal dissimulée brillait dans ses yeux.

Léo et Hugo l'ont immédiatement regardée avec une tendresse évidente.

« Mais si, Chloé, tu le mérites ! Tu es brillante, » a dit Léo.

« Ne sois pas si modeste, » a renchéri Hugo, en lui passant un bras autour des épaules.

Le malaise en moi s'est intensifié. L'ironie dramatique de la situation était palpable. Ils étaient déjà sous son charme, répétant le scénario.

Je les ai regardés, un léger sourire aux lèvres.

« Félicitations, Chloé. C'est une belle reconnaissance. »

Mon ton était détaché.

Léo a froncé les sourcils, l'air de ne pas comprendre ma réaction.

« Tu n'es pas déçue, Amélie ? »

« Pourquoi le serais-je ? Chloé est mon amie. Je suis heureuse pour elle. »

La mienne répondait à la leur. Ils m'ont offert une fausse consolation, me disant que j'aurais d'autres occasions de briller.

J'ai hoché la tête, feignant d'accepter leurs paroles.

Plus tard dans la soirée, après le dîner, Léo et Hugo m'ont entraînée dehors.

« Viens, Amélie, on a une surprise pour toi, » a dit Léo avec un clin d'œil.

Ils m'ont conduite vers le petit parc au bout de notre rue. Ma curiosité était forcée, la tension montait.

Ils avaient décoré un vieux banc avec des guirlandes lumineuses et des fleurs.

Une scène de confession romantique. C'était grotesque.

Ils se sont placés devant moi, soudain sérieux.

Léo a commencé : « Amélie, on voulait te dire… on tient énormément à toi. »

Hugo a poursuivi : « Plus que comme une amie. On est tous les deux amoureux de toi. »

Une double déclaration. Comme dans ma vie antérieure. La pression était immense.

J'allais ouvrir la bouche pour leur répondre, pour commencer à démanteler ce piège.

Soudain, une vibration. Le téléphone de Léo, puis celui d'Hugo, presque en même temps.

Ils ont regardé leurs écrans. Un message de groupe, de Chloé.

Léo l'a lu à voix haute, l'air paniqué : « Mon chauffe-eau a explosé ! Je suis trempée, tout est inondé chez moi, j'ai tellement peur ! »

Léo et Hugo se sont regardés, puis m'ont regardée, l'air désolé.

« Amélie, on est terriblement désolés… Chloé a besoin de nous. »

« On doit y aller, » a dit Hugo, déjà en train de reculer.

Ils n'ont pas attendu ma réponse. Ils sont partis en courant, m'abandonnant sur le banc décoré.

L'humiliation. L'abandon. C'était une répétition exacte.

Je suis restée seule, entourée de leurs fleurs et de leurs guirlandes ridicules.

Un chauffe-eau qui explose ? Quelle coïncidence.

Chloé habitait à dix minutes à pied. Ses parents étaient absents pour le week-end, je le savais.

Leur prétendue détresse était si évidente.

Leur amour pour moi, si peu crédible face à l'urgence fabriquée de Chloé.

Une dérision amère m'a envahie. Ma lucidité était douloureuse.

J'ai ramassé les bouquets de fleurs qu'ils m'avaient offerts, ceux qu'ils avaient dû choisir avec soin.

J'ai marché jusqu'à la première poubelle du parc.

Je les ai jetés dedans, avec les petits cadeaux emballés qu'ils avaient posés sur le banc.

Je ne serais plus leur jouet.

Cette fois, leur "amour" ne me détruirait pas.

J'ai tourné les talons et suis rentrée chez moi, une détermination froide au cœur.

La libération avait commencé.

J'ai passé les jours suivants à préparer mon départ secret.

J'ai réservé un billet Interrail. Un mois à travers l'Europe, seule.

J'avais besoin de distance, de temps pour moi, loin de leur toxicité.

Leurs messages et appels affluaient sur mon téléphone. Je les ignorais tous.

Un mois plus tard, je suis descendue du train à la gare d'Aix-en-Provence.

Léo et Hugo étaient là, sur le quai. Ils m'attendaient.

Leurs visages étaient hagards, leurs yeux cernés. Ils avaient l'air sincèrement inquiets.

Une fausse tendresse, encore. Ou peut-être une inquiétude réelle, mais pour les mauvaises raisons.

Un souvenir m'est revenu. J'avais quatorze ans.

Mes parents venaient de divorcer. Ils m'avaient laissée seule dans la grande maison, avec de l'argent, pensant bien faire.

Je m'étais sentie abandonnée, terrifiée. Je m'étais enfuie.

Léo et Hugo m'avaient cherchée toute la nuit.

Ils m'avaient trouvée à l'aube, près d'un étang, grelottante et en larmes.

Ils m'avaient serrée dans leurs bras, jurant de ne jamais m'abandonner, de toujours veiller sur moi.

Cette promesse… elle résonnait si faussement aujourd'hui.

La nostalgie de cette époque révolue m'a brièvement étreinte, vite remplacée par la confusion face à leur attitude actuelle. Ce souvenir contrastait violemment avec la réalité de leurs trahisons.

C'est tout ce qui est disponible pour le moment.

Continuez la lecture pour suivre la suite de l'histoire.

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Liste des chapitres

25 chapitres au total

  1. Chapitre 1Introduction
  2. Chapitre 2Chapitre 1
  3. Chapitre 3Chapitre 2

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