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Chapitre 2
Je savais pour les autres femmes.
Depuis la naissance d'Ella, il y en avait eu. Mais Brandon avait toujours respecté une règle tacite : elles restaient loin de notre maison, loin de notre famille. C'était le prix de mon silence, le prix de ce luxe dans lequel je vivais.
J'avais essayé de tomber enceinte une deuxième fois, juste après Ella. Je pensais qu'un autre enfant, un fils peut-être, le ramènerait à moi. J'avais arrêté ma carrière de sommelière pour ça, pour lui donner la famille parfaite qu'il disait vouloir.
Mais ça n'a pas marché. Et j'ai appris à vivre avec. J'ai construit un mur autour de mon cœur, un mur pour protéger Ella, pour me protéger moi-même.
Darlene était différente. Elle avait franchi ce mur.
Ce soir-là, après le dîner, je l'ai entendu au téléphone dans son bureau. Sa voix était douce, pleine d'une tendresse qu'il ne me réservait plus.
« Oui, elle est adorable... Tu lui as plu aussi. Ne t'inquiète pas. »
Il parlait d'Ella. Il parlait à Darlene.
Plus tard, dans notre chambre, il s'est approché de moi. Son odeur d'alcool et de cigare m'a soulevé le cœur. Il a posé ses mains sur mes hanches.
Je me suis raidie.
« Je suis fatiguée, Brandon. »
Il a ri, un rire sans joie.
« Fatiguée ? Ou tu penses encore à la stagiaire ? »
Il a rapproché son visage du mien.
« Elle te ressemble un peu, tu sais ? Quand tu étais jeune. »
Cette phrase m'a glacée. Il ne cherchait pas sa femme, il cherchait un substitut.
« Ne me touche pas. » Ma voix a tremblé.
Sa patience a disparu. Il m'a attrapée par les épaules, sa poigne était douloureuse.
« Ne m'ordonne rien, Juliette. Tu es ma femme. Tu sais quelle est ta place. »
Il m'a poussée sur le lit.
J'ai fermé les yeux, des larmes silencieuses coulant sur mes tempes. C'était la punition pour avoir osé montrer ma colère. C'était le rappel brutal de ma position.
Le lendemain matin, j'ai vomi.
Puis le surlendemain.
Une semaine plus tard, j'étais chez le médecin. Le même qui suivait Ella.
« Félicitations, Madame Moore. Vous êtes enceinte de quatre semaines. »
J'ai regardé le médecin, incapable de parler. La nouvelle qui aurait dû me remplir de joie m'a laissée vide, anéantie. Ce n'était pas un enfant de l'amour. C'était un enfant de la violence et de l'humiliation.
C'est tout ce qui est disponible pour le moment.
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