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Chapitre 2
Après la cérémonie, le téléphone a vibré. C'était elle.
« Il faut qu'on parle. Rejoins-moi dehors. »
Je l'ai retrouvée près des quais. L'air était froid. Elle ne m'a pas regardé dans les yeux.
« Julien, je suis désolée pour la façon dont tu l'as appris. »
« Tu n'es pas désolée, Camille. Tu es juste surprise de ma réaction. »
Elle a tressailli.
« Divorçons. C'est la seule solution. Pour protéger la réputation d'Antoine, pour le bébé. C'est juste temporaire. Une fois que tout sera calmé, après la naissance, on pourra se remarier. Personne ne saura jamais. »
C'étaient les mêmes mots. La même promesse empoisonnée. Dans ma vie passée, j'avais pleuré, supplié.
Cette fois, j'ai hoché la tête.
« D'accord. »
Son visage a montré une surprise totale. Elle s'attendait à des cris, des larmes, une scène. Pas à ce calme glacial.
« C'est... c'est tout ? Tu acceptes ? »
« Oui. Prépare les papiers. »
Je me suis retourné pour partir. Elle m'a attrapé le bras.
« Julien, attends. Je sais que c'est dur, mais c'est la meilleure chose à faire. Pour nous. »
J'ai retiré mon bras doucement. « Ne dis pas "nous", Camille. Il n'y a plus de "nous". »
Je suis rentré à l'appartement. Notre appartement. J'ai commencé à faire mes valises, méthodiquement. Pas de précipitation. Je savais que je n'avais pas beaucoup de temps.
Une heure plus tard, la porte s'est ouverte. Camille est entrée, suivie d'Antoine. Il portait un sac de voyage.
« Antoine va rester ici quelques temps, » a dit Camille, évitant mon regard. « Le temps que la presse se calme. »
Antoine m'a regardé avec un sourire suffisant. Il a posé son bras autour des épaules de Camille et l'a embrassée sur la tempe. Une provocation claire, un marquage de territoire.
« J'espère que ça ne te dérange pas, Julien. »
Je n'ai rien dit. J'ai continué à plier mes chemises.
« Tu dormiras dans la chambre d'amis, » a ajouté Camille. « Et il faudrait que tu trouves un autre endroit rapidement. Ce serait... gênant. »
« Pas de problème, » ai-je répondu sans la regarder.
Leur surprise était palpable. Mon acceptation les déstabilisait plus que n'importe quelle crise de colère. Ils ne comprenaient pas. C'était parfait.
Cette nuit-là, j'ai entendu leurs rires à travers la porte de leur chambre. Puis d'autres bruits. Des bruits qui, autrefois, m'auraient brisé le cœur. Maintenant, ils ne faisaient qu'alimenter ma détermination froide.
J'ai sorti mon téléphone et j'ai appelé mes parents en Bourgogne.
« Allô, Papa ? J'ai une opportunité d'investissement incroyable. Un domaine viticole en Suisse. Il faut agir vite. J'ai besoin que vous veniez tous avec moi, toi, Maman, Papi et Mamie. C'est une question de jours. »
Protéger ma famille. C'était la seule chose qui comptait. Le reste n'était que la préparation de la scène.
C'est tout ce qui est disponible pour le moment.
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