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Chapitre 2 Chapitre 02
Je me réveillai le lendemain matin avec une boule au ventre. Je restai dans mon lit jusqu'à midi avant d'aller manger un morceau. Puis je partis me préparer. J'optai pour une tenue simple mais classe quand même. Je regardai le peu de maquillage que j'avais avant de soupirer. Je me contentai de mettre un peu de gloss et de remonter mes cheveux en un chignon. Je pris mon sac à main avant de regarder une dernière fois mon appart en espérant que ce ne soit pas la dernière fois...
J'arrivai à 18 h 15 devant une immense tour de verre, si je puis dire. Je rentrai avant de me diriger vers les secrétaires. Je me parai de mon sourire le plus poli avant de me présenter à elle.
– Bonsoir, je suis mademoiselle Black, j'ai rendez-vous avec monsieur De Luca.
– Prenez l'ascenseur à droite puis montez au 45e. Vous trouverez un autre secrétariat, présentez-vous là-bas.
– Merci, dis-je avant de partir en direction de l'ascenseur indiqué.
La montée jusqu'à l'étage indiqué fut longue et la boule de stress qui avait disparu pendant la journée venait de revenir. Je soupirai un bon coup quand les portes s'ouvrirent, puis me dirigeai vers la secrétaire.
– Bonjour.
– Mademoiselle Black, vous êtes en avance, c'est parfait. Suivez-moi, dit-elle d'une traite avant de se lever.
Elle me fit signe de la suivre, ce que je fis sans trop me poser de questions. Puis on arriva devant deux immenses portes noires. Je pense que ça devait bien refléter la personnalité de la personne à l'intérieur.
– Attendez deux petites secondes, je vais le prévenir de votre arrivée, dit-elle avant de toquer à la porte et d'entrer.
Elle referma derrière elle. J'en profitai alors pour observer un peu autour de moi. Je soufflai pour me déstresser, tout en m'encourageant mentalement, et encore plus quand la poignée se baissa.
La secrétaire sortit de la pièce avant de me sourire. Elle me fit signe d'entrer.
– Monsieur De Luca va vous recevoir.
Je me retins de lever les yeux au ciel pour prier, enfin plutôt demander à ne pas mourir aujourd'hui. Enfin, s'il y avait un bon Dieu en ce monde. J'inspirai et rentrai dans l'antre de l'Italien.
Il était là. Assis dans son fauteuil, les mains jointes entre elles, en train de me fixer avec ses yeux bleu clair. J'avalai difficilement ma salive avant de prendre mon courage à deux mains.
– Bonsoir, monsieur De Luca.
– Bonsoir, mademoiselle Black. Veuillez vous asseoir.
– Monsieur... commençai-je.
– Asseyez-vous, s'il vous plaît.
Je soupirai sans trop me faire remarquer avant de m'asseoir en face de lui. Je sentais que cet entretien n'allait pas être de tout repos. Donc je m'assis en face de lui et je dois dire que je me trouvais très petite par rapport à sa stature. J'étais bien heureuse qu'il y ait son bureau entre nous.
– Monsieur, comme je vous...
– Vous ne sortez rien pour prendre des notes ? me demanda-t-il en me coupant encore une fois la parole, ce qui commençait à m'énerver.
– Monsieur ! m'exclamai-je.
Étrangement, son regard se fondit directement dans le mien. Un frisson me parcourut. Allez, ma vieille, tu peux le faire.
– Comme j'ai essayé de le dire à votre secrétaire, j'ai été virée de ma boîte. Donc je ne suis plus journaliste et je me refuse à vous interviewer pour le vendre au plus offrant ! Sur ce, finis-je alors que j'allais me relever.
– Restez assise, mademoiselle Black, dit-il d'une voix sans appel.
– Monsieur.
– S'il vous plaît.
Je soupirai bien fortement pour lui faire voir mon mécontentement, mais abdiquai. Quelques secondes passèrent avant qu'il ne prenne de nouveau la parole.
– Depuis quand ? demanda-t-il.
– Peu après le mariage d'Eléonore et Raphaël...
– Elle ne le sait pas ?
– Non, et je ne veux pas qu'elle sache. Elle est enceinte, certes ce n'est pas une maladie, mais il ne lui faut pas de stress.
– Très bien. Que faites-vous depuis ?
– Des petits contrats par-ci, par-là, quand je ne donne pas mes CV dans d'autres boîtes, sinon je fais un peu de bénévolat.
Il se mit à frotter son menton tout en réfléchissant. Le temps me parut long avant qu'il ne reprenne la parole.
– Et si je vous faisais une offre ?
– C'est-à-dire ? répondis-je, intéressée.
– Si je vous proposais un poste aux archives ? Ce n'est peut-être pas un poste avec beaucoup de responsabilités, mais au moins vous aurez quelque chose de fixe.
– Mais ça veut dire que...
– Vous ne me devrez rien. Je sais simplement que si Eléonore apprend que je n'ai rien fait, je risque de finir en crêpe.
Je ne pus m'empêcher de rire légèrement. Je voyais très bien ma meilleure amie se mettre en pétard contre l'homme qui se trouvait en face de moi. Je réfléchis quelques secondes avant de me dire que j'allais commencer à être à court d'argent.
– Et je pourrais commencer quand ?
– Demain matin, 9 heures tapantes, devant le secrétariat du bas.
– C'est noté, monsieur De Luca. Je ne sais comment vous remercier.
– Soyez à l'heure, c'est tout ce que je vous demande, dit-il avec un sourire à faire fondre plus d'une personne.
– Pour le contrat, par contre ?
– Vous l'aurez dès demain matin, mais je peux au moins vous donner les principaux points.
– S'il vous plaît.
– Déjà, je vais être obligé de vous appeler par votre prénom.
– Jusque-là, rien d'inhabituel, dis-je en souriant. J'aurais plutôt voulu savoir mon nombre d'heures et le salaire ? demandai-je timidement.
– Vous aurez le salaire de base pour le moment, soit 1500 £ par mois, et en fonction du temps que vous resterez, il pourra y avoir une augmentation. Vous travaillerez sept heures par jour du lundi au vendredi, ce qui donne une base de 35 heures par semaine. Il est possible que vous fassiez des heures supplémentaires : soit elles seront payées, soit vous pourrez poser des jours avec. Cinq semaines de vacances et dix RTT par an. Je pense que c'est convenable ?
– Ça m'a l'air très convenable.
– Bien, alors je ne vais pas vous retenir plus longtemps car il commence à se faire tard, dit-il avant de se lever de son siège.
J'en fis de même avant de nous diriger vers la porte. Il me raccompagna jusqu'à la porte de son bureau, puis l'ouvrit. Je sortis avant de me retourner et de lui sourire poliment.
– Encore merci, monsieur De Luca, et à demain.
– Bonne soirée, Laureline.
Je le quittai sur ces quelques paroles. Étrangement, quand je sortis de l'immeuble, je me sentais le cœur léger. C'est comme ça que je rentrai chez moi, un job en poche !
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