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Chapitre 3 Chapitre 03
Je me sentais en pleine forme, bon, un peu stressée quand même. Un peu comme à chaque fois que je démarre un nouveau job. Mais étrangement, je sens que ça va me plaire, enfin j'espère. J'étais levée depuis 7 heures tapantes ! Un café d'avalé, puis un deuxième avec le petit déjeuner. Puis devant mon armoire, le dilemme arriva. Je ne savais pas vraiment comment m'habiller, alors j'optai pour quelque chose de simple. Un pantalon noir et un haut de la même couleur. Je tressai mes cheveux et mis du gloss, histoire de faire un peu moins mort-vivante. Puis à 8 heures, je sortis de chez moi en direction du centre-ville pour arriver jusqu'à mon nouveau lieu de travail. Je fis le trajet à pied comme toujours, car j'aimais prendre l'air, même si c'était plus la vapeur des pots d'échappement. Puis je n'avais pas assez d'argent pour m'acheter une voiture.
J'arrivai à 8 h 55 devant la tour de verre. J'entrai et me dirigeai vers le secrétariat. Mon souffle se coupa quand je vis l'immense carrure de mon patron, accoudé au comptoir, en train d'observer les gens qui passaient. J'avais la drôle d'impression qu'il cherchait quelqu'un. Il regarda sa montre en fronçant les sourcils avant de relever la tête. Il balaya des yeux tout le hall, son regard passa sur moi. Il continua quelque peu avant de faire marche arrière et de fixer son regard sur moi. Je crois qu'il cherchait bien quelqu'un et qu'il l'avait trouvé.
Rapidement, son visage afficha un sourire qui disparut aussi vite qu'il était apparu. Puis il s'avança vers moi. Il finit par arriver jusqu'à moi. Je fus obligée de relever la tête pour pouvoir le regarder en face. Son regard me transperça de part en part, ce qui me fit baisser la tête finalement.
– Monsieur De Luca, dis-je pour le saluer.
– Laureline, répliqua-t-il d'une voix légèrement rauque qui me fit frissonner.
Je me faisais honte à moi-même ! Je réagissais comme une gamine face à un homme... Mais quel homme ! Je regardai rapidement autour de moi pour voir que toutes les femmes le dévoraient des yeux. Je papillonnai des yeux quand sa voix m'interpella.
– Pardon ?
Il arqua un sourcil, surpris que je ne l'écoute pas, je pense. Il se racla la gorge.
– Je disais, mademoiselle, que je pensais que vous finiriez en retard.
– Oh ! J'ai peut-être mis un peu plus de temps ce matin car il y avait beaucoup de monde, mais je suis arrivée avant 9 heures, il me semble ? demandai-je poliment en essayant de ne pas le froisser.
Maintenant, j'avais droit au regard surpris puis au sourire carnassier. Il ne devait pas s'attendre à ce qu'une nouvelle employée lui dise ce qu'elle pense ! Mais je ne faisais que dire la vérité ! J'étais arrivée à l'heure !
– Suivez-moi, Laureline, dit-il alors que son accent italien chantait sur mon prénom.
Nouveau frisson. Ah ! J'étais en train de maudire mon corps qui ne demandait qu'à retrouver les chaleurs des hommes contre lui. Bon, il est vrai que ma dernière relation remonte à loin, d'où mon petit souci de douce chaleur qui se diffuse dans mon corps. En même temps, quelle idée de me donner un patron aussi sexy.
Il était devant moi, alors j'avais tout le loisir de pouvoir observer sa carrure. Il devait faire un bon mètre quatre-vingt-dix, si ce n'est pas plus. Dans son costume aussi sombre que pouvait l'être son aura quelques fois, renfermait ce corps qui m'avait l'air particulièrement bien sculpté. Un large dos, des épaules carrées, puis mon regard descendit plus bas, des jambes musclées... J'essayais d'éviter à tout prix un endroit, mais la tentation fut trop forte. Mes yeux s'arrêtèrent sur ses fesses... Mon Dieu ! Je me mordis violemment la lèvre pour éviter de sortir un son très embarrassant. Je pense que l'une des parties que j'aimais le plus chez les hommes, c'est sûrement leur cul ! Et rien qu'en voyant le sien dans ce costume, je savais que j'aurais du mal à ne pas les regarder quand il serait dos à moi, comme en ce moment.
On finit par arriver devant une porte qu'il ouvrit avant de me faire signe d'entrer. Je ne me fis pas prier et rentrai dans la pièce. D'immenses rayons de dossiers étaient disposés dans toute la pièce. Quelques personnes, trois ou quatre tout au plus, étaient présentes. Antonio s'approcha d'eux tout en me faisant signe de le rejoindre.
– Amber, je vous présente votre nouvelle collègue, Laureline Black. Elle va intégrer votre service à partir d'aujourd'hui.
La dénommée Amber me toisa avant d'offrir son plus beau sourire au boss. Je ne pipai pas un mot, car ça n'en valait pas la peine.
– Je vous tiens responsable de sa formation et de son intégration à l'équipe. Sur ce, bonne journée à tous.
Il partit sans un regard pour personne. La porte claqua et, à ce moment, je sentis le froid prendre possession de mon corps. Le regard d'Amber se posa sur moi avec un sourire qui ne me rassurait pas vraiment. Elle me fit un rapide briefing avant de me donner une montagne de dossiers à classer. Ma journée se passa rapidement, même si elle aurait pu être plus agréable si j'avais pu manger avant 15 heures passées. Ils étaient tous partis manger sans me prévenir. J'avais préféré ne rien dire, car je ne voulais pas faire d'histoire dès mon premier jour. Pourtant, j'avais ce pressentiment que ça n'allait pas s'arrêter tout de suite. À 17 heures, tout le monde partit, alors j'en fis de même. Bon, après avoir fini de trier tous les dossiers quand même.
Le lendemain, rebelote. Amber m'avait refilé le même travail, mais avec encore plus de dossiers à ranger. Heureusement pour moi, j'avais rapidement compris comment marchait leur système de rangement. Je partis déjeuner après avoir terminé de ranger. Je partis dehors manger dans un petit parc non loin de l'entreprise. Je me laissai tomber sur un banc et mangeai mon sandwich. Puis je retournai au travail. Je n'avais pas encore franchi la porte que j'entendis mon prénom de l'autre côté.
– Non mais quelle idiote cette Laureline. Je lui refile toute la merde mais elle continue sans rien dire. Je ne comprends pas comment Antonio a pu l'embaucher, franchement, râla Amber plus fort qu'il ne faut.
Je soupirai de l'autre côté de la porte, mais ne me laissai pas abattre pour autant. Je devais continuer ! Pour qu'elles reconnaissent que je faisais du bon boulot. Et que ce n'était pas seulement avec les bonnes grâces de monsieur De Luca que je pouvais garder mon poste !
Je rentrai dans la pièce comme s'il ne s'était rien passé et continuai mes petites tâches, et ce fut comme ça toute ma première semaine. Je me reposai le week-end pour reprendre encore plus en forme le lundi !
Amber vint me voir, tout sourire, avec un papier dans les mains. Elle me donna la note.
– Monsieur De Luca voudrait que tu lui trouves ce dossier et que tu lui apportes, dit-elle en souriant comme une hypocrite.
Je ne pipai pas un mot et dis oui de la tête. Je cherchai le dossier que je finis par trouver derrière plusieurs autres. Je redemandai confirmation à Amber s'il fallait vraiment que je lui monte dans son bureau, ce qu'elle affirma. Je ne le sentais pas, mais je montai quand même. Je retrouvai la secrétaire qui me dit d'entrer directement dans le bureau après avoir frappé.
Je toquai doucement avant qu'une voix grave ne me dise d'entrer.
– Bonjour, dis-je doucement en entrant dans le bureau.
– Bonjour, Laureline, dit-il d'un air détaché.
– On m'a demandé de vous apporter ce dossier.
Il me tendit sa main, dans laquelle je déposai le fameux dossier. Il l'ouvrit et je vis, dès son froncement de sourcils, que j'allais en prendre plein la poire. Il planta ses deux prunelles bleues dans les miennes avant de se carrer dans son fauteuil. Il respira profondément.
– Ce n'est pas ce que j'ai demandé, mais comme c'est la première fois, je n'en tiendrai pas compte. Toutefois, si cette erreur devait se reproduire, je me devrais de faire quelque chose. Reprenez-le et trouvez ce que je veux.
Je repris le dossier avant de m'excuser. Je bouillonnais de rage intérieurement. Amber m'avait bien eue sur ce coup-là, mais je ne me laisserais pas faire ! Je redescendis sans faire attention aux autres et rangeai le dossier qui n'était pas celui qu'il fallait avant de chercher le bon. Les heures passaient et je ne trouvais pas ce que je cherchais. Je soupirai de lassitude en regardant ma montre. Il allait bientôt être 19 heures et je ne l'avais toujours pas trouvé ! Je fis encore un tour avant de voir apparaître une ombre derrière moi, ce qui me fit froncer les sourcils. Je me retournai et tombai nez à nez avec un torse musclé. Je relevai la tête pour tomber sur les yeux bleus d'Antonio qui m'observait en fronçant les sourcils.
– J'étais venu reposer le dossier que j'avais demandé et qu'Amber m'a ramené plutôt dans l'après-midi. Mais maintenant, je voudrais savoir ce que vous faites ici à cette heure-là, alors que tout le monde est reparti et que j'ai eu le dossier ?
Je collai sur mon visage le sourire le plus faux qu'il puisse exister avant de répondre.
– Du rangement, monsieur. Je n'ai pas vu les heures passer.
Ma réponse ne fit qu'augmenter son froncement de sourcils. Mais il hocha la tête quand même.
– J'aimerais vous voir demain dans mon bureau à 10 heures tapantes.
– Bien, monsieur.
– Maintenant, rentrez chez vous ! dit-il avant de partir.
Je rentrai chez moi en traînant des pieds. Une fois arrivée, je me laissai tomber sur mon lit en me demandant ce qui m'attendait dans le bureau de mon boss.
Je me réveillai avec aucune envie de partir travailler. Je me levai en soupirant avant de me décider à me préparer pour affronter Antonio. À 10 heures tapantes, je me retrouvais à taper à sa porte.
– Entrez, Laureline, dit-il.
Je ne me fis pas prier et entrai dans son antre. Je refermai la porte puis avançai un peu vers le bureau.
– Asseyez-vous, dit-il en me montrant le fauteuil juste en face de lui.
Je pris alors place devant mon bourreau. Je lissai les plis imaginaires de mon pantalon tout en gardant la tête basse. Je n'avais pas vraiment envie de l'affronter pour le moment.
– Laureline, dit-il d'une voix douce et calme, ce qui me surprit.
– Oui ? dis-je en relevant doucement les yeux.
Il m'observait, le menton posé sur ses mains croisées. Il me fit un petit sourire.
– Détendez-vous, je ne vais pas vous manger. Je voudrais juste voir quelque chose avec vous et, pour ça, il va falloir que vous me regardiez un peu.
J'inspirai profondément avant de planter mes yeux dans les siens.
– Bien, maintenant que j'ai toute votre attention, je voudrais vous confier une tâche.
Pour toute réponse, j'hochai la tête. Il prit un papier dans un des tiroirs du bureau avant de me le tendre. Je le pris et le parcourus rapidement.
– Tout ce qui est marqué sur cette liste doit être terminé avant 17 heures. Vous seule vous en chargerez, dit-il en insistant bien sur le mot seul. Je voudrais tous les dossiers sur mon bureau. Si je ne suis pas dedans, je vous autorise à y entrer.
– Bien, monsieur !
– Des questions ?
Je parcourus la liste.
– Le compte-rendu des dossiers... commençai-je avant qu'il ne me coupe.
– Je veux les informations essentielles qu'ils contiennent sur une seule page pour chaque.
– Bien, dis-je en me levant. J'y vais de ce pas alors !
Je sortis du bureau d'Antonio remontée à bloc. La liste de tâches était rudement simple, mais le nombre de dossiers par contre... Je n'avais pas intérêt à traîner, car quinze dossiers m'attendaient avec impatience.
J'arrivai rapidement jusqu'aux archives où mes deux collègues parlaient tranquillement, mais sûrement pas de la pluie et du beau temps.
– Tiens, Laureline, il y a d'autres dossiers à ranger, dit Amber.
Je la regardai. Deux choix s'offraient à moi : soit je lui disais la vérité, soit je faisais ce qu'elle m'avait demandé. Je regardai la pile de dossiers, j'en aurais pour moins de dix minutes à tout ranger, alors je fis ça rapidement avant de me mettre sur mon bureau, à l'autre bout de la salle des archives et des deux pies.
Je débarrassai le dessus de mon bureau rapidement et allumai mon ordinateur. Puis je pris un petit chariot, tous les numéros de dossier et partis à leur recherche. Je fis deux piles distinctes pour savoir sur lesquels je devais travailler ou non. Puis je m'y mis à fond. Je mangeai sur le pouce dans la salle des archives. Je ne voulais pas perdre de temps, mais surtout je ne voulais pas le décevoir !
Je fermai le dernier dossier en soupirant. Je me laissai tomber contre mon fauteuil et m'étirai tout en regardant l'heure. Il n'était que 16 heures et j'avais terminé tout ce qu'il avait demandé. Je me permis de trier les dossiers par ceux qui me paraissaient les plus intéressants. Les offres ou les bâtiments qui n'étaient pas trop chers et où je pense que les rénovations ne coûteraient pas un bras. Mais bon, je n'étais en rien une experte et je ne me permettrais pas de lui dire que je l'avais fait.
Donc je pris mon chariot avec tous les dossiers et partis en direction du bureau de monsieur De Luca. Je passai devant les deux pies qui me regardèrent en fronçant les sourcils. Je ne fis pas attention à leurs visages qui passaient non par plusieurs couleurs mais par différentes émotions. Je m'activai pour ne pas traîner dans le coin et prendre l'ascenseur. La secrétaire n'était pas là, alors j'avançai jusqu'au bureau du patron. Je toquai mais n'eus aucune réponse. J'entrouvris la porte et passai ma tête à l'intérieur. Personne. J'entrai rapidement. J'avançai jusqu'à l'imposant bureau en bois et y trouvai des papiers partout dessus. Je ne réfléchis pas très longtemps et décidai de laisser le chariot avec tous les dossiers dans la pièce. Je sortis en refermant derrière moi, puis rentrai chez moi car il était l'heure.
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