Passer au contenu principal

Chapitre 2

Amélie rentra de la clinique, pâle mais déterminée.

Elle cacha sa douleur physique, son immense tristesse.

Elle appela la gouvernante, une femme discrète et efficace.

« Madame Dubois, vous avez besoin de quelque chose ? »

« Oui, Maria. Rassemblez tous mes bijoux, mes sacs de luxe. Tout ce qu'Antoine m'a offert. »

Maria obéit, intriguée mais silencieuse.

« Organisez une vente aux enchères chez Artcurial. Discrètement. Et versez tous les fonds à une association pour enfants malades. Je vous donnerai les coordonnées. »

« Bien, Madame. »

Amélie se sentait plus légère, comme si elle se débarrassait d'un poids invisible.

Ces objets étaient les symboles de son illusion, de sa prison dorée.

Antoine rentra quelques jours plus tard, rayonnant.

Il ignorait tout de l'IVG, du divorce imminent.

Il la trouva dans le salon, lisant un livre d'art.

« Ma chérie, j'ai une surprise pour toi. Une nouvelle vente chez Drouot, des impressionnistes magnifiques. On ira ensemble. Et j'ai pensé qu'on pourrait acheter cette petite maison en Normandie dont tu parlais... »

Il parlait, parlait, de projets, d'avenir.

Il interprétait son silence, sa pâleur, comme une fatigue due à la grossesse.

Il était aveugle. Complètement.

Le téléphone sonna. C'était l'oncle Bernard, le frère de sa mère et de Sophie. Gardien des traditions familiales.

« Amélie, ma petite. Sophie rentre d'Italie. Nous organisons un dîner de famille ce week-end, dans la propriété en Normandie. Pour fêter son retour. Vous viendrez, n'est-ce pas ? Antoine aussi, bien sûr. »

Amélie sentit un frisson la parcourir. La Normandie. Sophie.

Avant qu'elle ne puisse répondre, Antoine prit le téléphone.

« Bernard ! Quelle bonne idée ! Bien sûr que nous serons là. Avec grand plaisir ! Amélie se réjouissait justement de revoir Sophie. »

Son empressement était suspect, presque fiévreux.

Amélie le regarda, un goût amer dans la bouche.

Il raccrocha, tout sourire.

« Formidable, non ? Un week-end à la campagne, en famille. Ça te fera du bien. »

Elle acquiesça silencieusement. Le piège se refermait, mais cette fois, elle était prête.

Le samedi matin, ils arrivèrent dans la grande demeure familiale normande.

Antoine était d'une humeur exquise.

Il tendit à Amélie un écrin.

« Tiens, c'est pour toi. Enfin, pas exactement. »

Elle ouvrit. Un collier somptueux. Des diamants et des saphirs. Magnifique. Et hors de prix.

« C'est pour Sophie, » dit Antoine. « Tu lui donneras de ma part. Discrètement. Comme un cadeau de bienvenue. Elle adore les saphirs. »

Amélie sentit la nausée monter.

Il utilisait même ses cadeaux pour atteindre Sophie.

Elle prit l'écrin, le cœur lourd. « Comme tu voudras. »

Le dîner de famille.

Sophie arriva, rayonnante, élégante. Elle salua tout le monde chaleureusement.

Quand elle vit Antoine, il y eut un instant suspendu. Un regard. Une étincelle.

Ils feignirent la surprise polie.

« Antoine ! Quelle surprise de te voir ici ! »

« Sophie ! Tu es magnifique. L'Italie te va bien. »

L'oncle Bernard, bonhomme, intervint :

« Mais enfin, vous vous connaissez ? Antoine est le mari d'Amélie, notre nièce. »

Un léger malaise flotta.

Amélie observait, silencieuse.

Elle voyait les regards furtifs, les sourires entendus entre Antoine et Sophie.

Leurs mains qui se frôlaient "accidentellement".

Sophie parlait de ses projets, d'ouvrir une nouvelle galerie à Florence, peut-être même de s'y installer.

Antoine écoutait, captivé, un air sombre passant sur son visage à l'idée de son départ.

Amélie tendit le collier à Sophie, comme convenu.

« Tiens, Sophie. C'est de la part d'Antoine. Pour ton retour. »

Sophie parut surprise, puis ravie.

« Oh, Antoine, c'est... c'est trop. Il est sublime. » Elle le mit aussitôt. Les saphirs brillaient à son cou.

Amélie ajouta, la voix neutre : « Antoine a toujours eu très bon goût. Surtout pour les choses qui te plaisent. »

Un silence. Antoine la foudroya du regard. Sophie sourit, un peu gênée.

Pendant le repas, Antoine était aux petits soins pour Sophie.

Il s'assurait qu'elle ait son vin préféré, s'enquérait de ses goûts.

Amélie, soi-disant enceinte, avait des besoins spécifiques.

Des plats à éviter, des boissons interdites.

Antoine n'y prêta aucune attention. Il la servait distraitement, se trompant dans les plats.

Il semblait avoir oublié sa "grossesse".

Amélie mangea peu, le cœur serré. Elle se sentait invisible.

C'est tout ce qui est disponible pour le moment.

Continuez la lecture pour suivre la suite de l'histoire.

Continuer la lecture

Liste des chapitres

23 chapitres au total

  1. Chapitre 1Introduction
  2. Chapitre 2Chapitre 1
  3. Chapitre 3Chapitre 2

Nouveautés