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Chapitre 1

La lumière blanche et agressive de l'hôpital semblait effacer toutes les couleurs du monde. L'odeur d'antiseptique flottait dans l'air, forte, presque suffocante. J'étais assise sur une chaise en plastique inconfortable, le regard fixé sur la porte de la chambre de mon fils, Léo. Les médecins allaient et venaient, leurs visages graves, leurs blouses blanches des taches floues dans ma vision brouillée par l'angoisse.

Mon mari, Luc, un brillant chercheur en robotique, avait disparu il y a trois semaines. Pas un mot, pas une lettre, juste un vide immense et une enquête de police qui n'avançait pas. Il m'avait laissée seule avec Léo, notre fils de huit ans, atteint d'une maladie orpheline qui le rendait si fragile.

Et maintenant, Léo était là, dans cette chambre d'hôpital. Pas à cause de sa maladie. À cause d'eux.

La porte s'est ouverte et un médecin est sorti. Son expression était fatiguée.

« Madame Dubois, l'état de Léo est stable. Il a de multiples contusions, une légère commotion cérébrale, mais il s'en sortira. Il a eu beaucoup de chance. »

Mes muscles se sont un peu détendus, mais la rage est restée, froide et dure dans ma poitrine. La chance. Mon fils, enlevé en sortant de l'école, brutalisé pendant des heures et abandonné dans un entrepôt désaffecté, avait eu de la chance.

J'ai remercié le médecin d'une voix que je ne reconnaissais pas. J'ai poussé la porte et je suis entrée. Léo dormait, son petit visage tuméfié, un bandage autour de la tête. Une perfusion était reliée à son bras frêle. Le voir ainsi, si vulnérable, a ravivé la douleur de l'absence de Luc. Il aurait dû être là, à tenir la main de notre fils.

Quelques minutes plus tard, j'ai entendu des voix dans le couloir. Des voix arrogantes, pleines d'une assurance méprisante. Mon corps s'est raidi.

« On vous dit que c'est une erreur. C'est juste un malentendu. »

C'était la voix d'un homme en costume cher, flanqué de deux gardes du corps et d'un avocat au sourire carnassier. Je les ai reconnus immédiatement. C'était les dirigeants de la corporation OmniCorp, celle qui convoitait les recherches de Luc sur une intelligence artificielle révolutionnaire. La police m'avait dit qu'ils avaient un alibi. Un alibi en béton.

L'avocat m'a aperçue et s'est approché, son sourire ne quittant jamais son visage.

« Madame Dubois. Quelle terrible épreuve. OmniCorp est de tout cœur avec vous et votre fils. »

Ma main s'est crispée sur le dossier de la chaise.

« Qu'est-ce que vous faites ici ? » ai-je demandé, ma voix un murmure glacé.

« Nous sommes venus prendre des nouvelles, bien sûr. Et pour clarifier les choses avec la police. Il semble y avoir eu une confusion. Nos employés n'ont rien à voir avec... cet incident regrettable. »

Le dirigeant, un homme au visage dur nommé Varennes, a jeté un regard dédaigneux vers la chambre de Léo, comme s'il regardait un insecte.

« Des enfants qui se chamaillent. Ça arrive. Le vôtre est peut-être un peu trop sensible. »

La provocation était si directe, si dénuée de toute honte, que j'ai senti le sang me monter à la tête. Ils n'avaient pas seulement fait du mal à mon fils. Ils venaient se pavaner devant moi, savourer leur impunité.

Deux inspecteurs de police sont arrivés. Ils avaient l'air mal à l'aise.

« Monsieur Varennes, nous vous avons demandé de rester à disposition au commissariat. »

L'avocat a ri doucement.

« Inspecteur, mon client a des obligations. Il a coopéré. Il n'y a aucune preuve le liant à quoi que ce soit. Suggérer le contraire serait de la diffamation. »

Les inspecteurs ont échangé un regard. Ils savaient. Je le voyais dans leurs yeux. Ils savaient qu'OmniCorp était derrière tout ça, mais leurs mains étaient liées. La corporation était trop puissante, trop influente. La discussion a duré quelques minutes, un ballet absurde de dénégations et de menaces voilées. Finalement, les hommes d'OmniCorp sont partis, me laissant avec les policiers et leur impuissance.

« Madame Dubois, nous sommes désolés. Nous n'avons rien de concret. Leurs alibis sont confirmés. L'entrepôt a été nettoyé, aucune empreinte, aucun témoin. »

Leur voix était pleine d'une pitié que je ne pouvais pas supporter. La justice était une blague. Un concept vide pour les gens comme moi, face à des monstres comme eux.

Je suis retournée auprès de Léo. Quelques heures plus tard, il s'est réveillé. Ses yeux se sont posés sur moi, remplis de terreur.

« Maman ? »

Sa voix était à peine un souffle. Il a essayé de bouger et a grimaqué de douleur.

« Ne bouge pas, mon trésor. Je suis là. Tout va bien. »

Mais tout n'allait pas bien. Quand les infirmières sont venues changer son pansement, j'ai vu l'étendue des blessures sur son petit corps. Des bleus, des éraflures, des marques qui racontaient une violence que je ne pouvais même pas imaginer. Il tremblait, pas seulement de douleur, mais de peur. Une peur profonde, qui s'était logée au plus profond de son être.

« Ils ont dit... ils ont dit qu'ils voulaient les carnets de papa. Ils ont dit que si je ne leur disais pas où ils étaient, ils reviendraient. »

Mon cœur s'est brisé. Ils n'avaient pas seulement enlevé mon fils pour faire pression sur moi, pour que je leur livre les recherches de Luc. Ils l'avaient terrorisé, menacé. Ils avaient utilisé un enfant malade comme un levier.

Cette nuit-là, en le veillant, une décision a germé dans mon esprit. Une décision froide, nette, inébranlable. La justice ne ferait rien. La police était impuissante. Luc avait disparu. Il ne restait que moi.

J'étais Jeanne Dubois, une pianiste de concert qui avait mis sa carrière entre parenthèses pour s'occuper de son fils. Ils me voyaient comme une femme brisée, une mère éplorée et faible.

Ils avaient tort.

Ils voulaient les recherches de Luc. Ils pensaient que j'étais la clé. Très bien. Je n'allais pas attendre qu'ils reviennent pour Léo. J'allais aller à eux. Je n'allais pas leur donner ce qu'ils voulaient. J'allais infiltrer leur monde, jouer leur jeu, et les détruire de l'intérieur. Je n'étais plus seulement une mère. J'étais une prédatrice qui protégeait son petit. Et ma chasse venait de commencer.

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Liste des chapitres

14 chapitres au total

  1. Chapitre 1Introduction
  2. Chapitre 2Chapitre 1
  3. Chapitre 3Chapitre 2

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