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Chapitre 2
Une crampe violente m'a pliée en deux. La douleur était fulgurante, profonde. J'ai posé ma main sur mon ventre. Mon enfant. L'enfant que je n'avais jamais vraiment désiré avec cet homme.
Je me suis agrippée à la table pour ne pas tomber. Les invités me regardaient, certains avec pitié, d'autres avec un mépris non dissimulé. L'humiliation était totale.
Chloé savourait son triomphe. « Alors, la paysanne ? Ça fait mal de perdre son ticket d'or ? »
Je n'ai pas répondu. J'ai rassemblé mes forces et j'ai traversé la salle, la tête haute. Chaque pas était une torture.
Je suis montée dans ma chambre. La porte était ouverte. L'intérieur était un chaos.
Chloé avait tout saccagé. Mes robes étaient déchirées, mes quelques livres jetés au sol, leurs pages arrachées. Le petit cadre avec la photo de ma grand-mère était brisé en mille morceaux.
C'était ma vie des dix dernières années. Un champ de ruines.
Au milieu des débris, j'ai vu des fragments de papier. Une enveloppe déchirée. C'était la lettre. La lettre que ma grand-mère m'avait laissée, avec l'instruction de ne l'ouvrir qu'après dix ans de mariage.
Avec des doigts tremblants, j'ai ramassé les morceaux. Je me suis assise par terre et, patiemment, je les ai recollés. La douleur dans mon ventre était constante, mais ma concentration était totale.
Enfin, j'ai pu lire ses mots. Elle expliquait tout. Le "destin lié". Elle avait senti que Bastien, alors un jeune homme au bord de la ruine, avait une bonne fortune latente. Elle avait utilisé ses dons pour lier sa chance à la mienne pendant dix ans, en échange de sa promesse de prendre soin de moi. Sa fortune était mon sacrifice.
À la fin de la lettre, une phrase : « Quand le fruit est pourri, n'hésite pas à couper la branche. »
La porte s'est ouverte brutalement. C'était Bastien. Il était ivre.
« Amélie ! Qu'est-ce que tu fais ? Chloé m'a dit que tu avais signé. C'est une blague, n'est-ce pas ? »
Il s'est approché, a tenté de me prendre dans ses bras. Son haleine sentait l'alcool et le mensonge.
« Ne pars pas. Je t'aime. Nous pouvons arranger les choses. »
Je l'ai repoussé. « Tu aimes la fortune que je t'ai apportée. Le pacte est terminé, Bastien. »
Son visage a changé. La fausse tendresse a laissé place au mépris habituel.
« Tu n'es rien sans moi ! Une simple fille de village. Où iras-tu ? Retourner cueillir ta lavande stupide ? »
J'ai pris mon petit sac, le seul bagage que j'avais. J'ai marché vers la porte, ignorant ses menaces, sa voix qui résonnait dans mon dos. La douleur physique était intense, mais mon esprit était libre. Je partais sans me retourner.
C'est tout ce qui est disponible pour le moment.
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