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Chapitre 2
Les messages sur mon téléphone continuaient de me guider, une adresse précise s'affichant sur l'écran. Une clinique vétérinaire. Pas la mienne, mais une autre, dans le 15ème. La nausée m'a envahie. Pourquoi une clinique ?
[Voix : Il a besoin d'un certificat. Un certificat attestant que Gaston est agressif et imprévisible. Pour justifier le "sauvetage" de Chloé.]
Mon sang s'est glacé. S'il obtenait ce certificat, il pourrait légalement m'empêcher de récupérer Gaston. Pire, il pourrait demander son euthanasie plus tard s'il devenait "ingérable". C'était un piège parfait.
J'ai garé ma voiture en double file et j'ai couru vers l'entrée. À travers la vitre, je l'ai vu. Gaston. Il était sur une table d'examen en métal, l'air terrifié. Un vétérinaire que je ne connaissais pas tenait une seringue.
Mon premier réflexe a été de hurler, de défoncer la porte.
[Voix : Non. Ne fais pas ça. Il te verra. Reste calme. Pense.]
La voix était un fil de glace dans la fournaise de ma panique. Elle avait raison. Si je faisais une scène, Marc utiliserait ça contre moi, me ferait passer pour une folle hystérique.
Je me suis reculée dans l'ombre d'un porche, mon esprit cherchant une solution. Il fallait que je les fasse sortir de cette salle. Il fallait que je crée une diversion.
J'ai sorti mon téléphone et j'ai cherché le numéro de la clinique. J'ai trouvé. J'ai pris une profonde inspiration et j'ai appelé, modifiant ma voix pour la rendre plus âgée, plus paniquée.
« Allô ? C'est la clinique vétérinaire ? Je vous en supplie, aidez-moi ! Mon chat, il... il a avalé quelque chose, il ne respire plus ! J'arrive, je suis à deux minutes, au coin de la rue ! »
« Madame, calmez-vous, quelle est votre adresse ? » a répondu la réceptionniste.
« Je ne sais pas, je panique ! Je suis juste là, dans la rue ! Préparez-vous, s'il vous plaît ! »
J'ai raccroché. J'ai attendu, le cœur battant à tout rompre. Quelques secondes plus tard, j'ai vu la réceptionniste se lever et parler avec agitation au vétérinaire. Il a posé la seringue, l'air contrarié, et ils sont sortis tous les deux de la salle d'examen en direction de l'entrée principale.
C'était ma chance.
Je me suis glissée à l'intérieur par une porte de service que j'avais repérée. La salle d'examen était vide, à l'exception de Gaston. Il a levé la tête en me voyant, et un petit gémissement s'est échappé de sa gorge.
« Chut, mon bébé. Chut, c'est maman. »
Je l'ai détaché de la table et je l'ai pris dans mes bras. Il tremblait de tout son corps, se blottissant contre moi. Son odeur familière, son poids rassurant... J'ai senti les larmes me monter aux yeux, mais je les ai refoulées. Pas le temps.
Je me suis retournée pour partir, et c'est là qu'ils sont entrés. Marc et une jeune femme que je supposais être Chloé. Elle se tenait à son bras, son visage tourné vers le vide, une canne blanche dans l'autre main.
Le visage de Marc s'est décomposé en me voyant avec Gaston dans les bras. La surprise a laissé place à une fureur froide.
« Jeanne. Qu'est-ce que tu fais là ? »
Le vétérinaire et la réceptionniste sont revenus juste derrière eux, l'air confus.
« Il n'y a personne dehors, » a dit le vétérinaire.
Marc n'a même pas jeté un regard au personnel de la clinique. Ses yeux étaient rivés sur moi, pleins d'une colère que je ne lui avais jamais vue.
« Pose ce chien. Il est dangereux. »
Il n'a pas dit "mon chien" ou "notre chien". Il a dit "ce chien".
Chloé a serré le bras de Marc, son visage exprimant une peur parfaitement jouée.
« Marc, c'est elle ? La femme qui l'a rendu méchant ? »
Sa voix était douce, fragile. Une voix de victime.
J'ai regardé Marc. J'ai regardé cette femme accrochée à son bras. J'ai regardé Gaston, qui tremblait contre moi, cherchant ma protection. Et j'ai compris. J'ai compris que la relation que je pensais avoir, la vie que je pensais construire, tout cela n'était qu'une illusion. Il ne s'agissait pas de moi. Il ne s'agissait même pas de Chloé. Il s'agissait de lui, de son besoin d'être un héros, un sauveur. Et Gaston et moi n'étions que des dommages collatéraux. Mon amour pour lui, ma confiance, tout s'est évaporé, laissant place à un vide glacial.
C'est tout ce qui est disponible pour le moment.
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