/0/35488/coverbig.jpg)
Chapitre 1
Paul Dupont regarda Camille Dubois, son visage empreint d'une incrédulité totale.
« Tu veux dire que tu vas divorcer d'Antoine ? C'est une blague, n'est-ce pas ? »
Camille remua calmement le café devant elle, le liquide brun tourbillonnant sans bruit dans la tasse. Elle leva les yeux vers son ami, un léger sourire flottant sur ses lèvres.
« Paul, je suis très sérieuse. »
« Mais pourquoi ? Vous êtes mariés depuis des années. Tout le monde vous envie. Toi, une architecte de renom, et lui, un artiste qui commence à percer. C'est le couple parfait. »
La main de Camille s'arrêta. « Le couple parfait ? Peut-être aux yeux des autres. »
Paul secoua la tête, incapable de comprendre. « Je ne comprends pas, Camille. Qu'est-ce qui s'est passé ? Il t'a trompée ? »
« Non. » La réponse fut rapide, sans hésitation.
« Alors c'est toi ? »
Camille ne répondit pas directement, son regard se perdant à travers la vitre du café, observant les passants se presser sous la pluie fine de Paris. Le silence s'étira, rempli de questions sans réponses, jusqu'à ce que la sonnerie de la porte du café les interrompe.
Antoine Lefèvre entra, secouant l'eau de son long manteau. Ses yeux balayèrent la salle et s'illuminèrent légèrement en apercevant Camille. Il s'approcha de leur table, son charisme naturel attirant quelques regards.
« Camille, te voilà. Je te cherchais. » Sa voix était douce, pleine d'une chaleur familière. Il posa une main sur son épaule. « Tu as froid ? Tu n'as pas pris de manteau assez chaud. »
Paul regarda la scène, encore plus confus. Le geste d'Antoine était celui d'un mari attentionné. Il ne voyait aucune fissure dans leur armure.
« Ça va, Antoine. On parlait juste. » dit Camille, sa voix neutre.
Antoine sourit à Paul, puis se concentra à nouveau sur Camille. « On rentre ? J'ai quelque chose à te montrer. »
Camille hocha la tête et se leva. Elle fit un signe d'adieu à Paul, qui lui lança un regard perplexe. Dans la voiture, sur le chemin du retour, le silence était épais. Antoine conduisait d'une main, l'autre posée sur la cuisse de Camille. Sur le siège passager, une grande enveloppe kraft était posée, bien en évidence. Camille l'avait mise là intentionnellement.
Antoine y jeta un coup d'œil distrait. « C'est quoi, ça ? Des plans pour le nouveau projet ? »
« Non. C'est pour toi. »
Il ne posa pas plus de questions. À cet instant, son téléphone sonna. Le nom « Sophie Martin » s'afficha sur l'écran. Le visage d'Antoine changea instantanément, son attention totalement capturée. Il décrocha immédiatement.
« Sophie ? Qu'est-ce qui se passe ? ... Quoi ? Ne bouge pas, j'arrive tout de suite. »
Il raccrocha, son expression tendue par l'inquiétude. Sans un mot pour Camille, il fit un demi-tour brutal au milieu de la rue, le crissement des pneus couvrant le son de la pluie. La voiture fila dans la direction opposée, laissant derrière elle l'appartement qu'ils partageaient.
Camille fixa l'enveloppe sur le siège. Elle n'avait même pas eu besoin de lui dire ce qu'il y avait dedans. Elle savait déjà qu'il ne l'ouvrirait pas ce soir. Sophie passait toujours en premier.
Cela avait toujours été comme ça. Depuis le début. Camille était tombée amoureuse d'Antoine, l'artiste sensible et passionné, bien avant qu'il ne devienne célèbre. Elle avait soutenu ses rêves, financé ses premières expositions avec son salaire d'architecte, sacrifié ses soirées pour l'aider dans son atelier. Elle l'aimait d'un amour total, inconditionnel. Mais le cœur d'Antoine, elle le savait, avait toujours appartenu à une autre. Sophie Martin. L'amie d'enfance, la muse, l'amour inaccessible.
Leur mariage lui-même était un accident, une conséquence de la douleur d'Antoine. Le jour où Sophie avait annoncé ses fiançailles avec un autre homme, Antoine s'était effondré. Camille était là pour le ramasser. Quelques mois plus tard, dans un élan de désespoir ou de gratitude, il l'avait demandée en mariage. Elle avait accepté, espérant que son amour et le temps suffiraient à guérir son cœur et à lui faire oublier Sophie.
Elle s'était trompée. Pendant toutes ces années, elle n'avait été qu'un substitut, un pansement sur une blessure qui ne se refermait jamais. Chaque fois que Sophie appelait, Antoine accourait. Chaque succès de Sophie était une source de joie pour lui, chaque échec une source de tourment. Il était son chevalier servant, son gardien dévoué. Et Camille n'était que le témoin silencieux de cet amour qui n'était pas pour elle.
Elle avait décidé de mettre un terme à cette mascarade. Elle ne pouvait plus vivre dans l'ombre d'une autre. Elle méritait mieux que des miettes d'affection.
Elle sortit son téléphone et envoya un court message à Antoine.
« Regarde dans l'enveloppe sur le siège passager. Tout est expliqué. »
Elle savait que ce message signait la fin. Les papiers du divorce, soigneusement préparés par son avocat, attendaient. C'était sa façon de lui rendre sa liberté, et de reprendre la sienne.
Envie de continuer la lecture ?
Continuez la lecture pour suivre la suite de l'histoire.
Continuer la lectureListe des chapitres
26 chapitres au total
/0/25711/coverbig.jpg)
/0/32994/coverbig.jpg)
/0/35903/coverbig.jpg)
/0/33589/coverbig.jpg)
/0/34240/coverbig.jpg)
/0/26130/coverbig.jpg)
/0/33548/coverbig.jpg)
/0/35524/coverbig.jpg)
/0/33757/coverbig.jpg)
/0/33421/coverbig.jpg)
/0/33623/coverbig.jpg)
/0/33663/coverbig.jpg)