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Chapitre 2

Marc ricana, savourant visiblement mon désarroi.

« Tu vois, Léa ? Il devient agressif. C'est typique des coupables. »

Il se tourna vers la foule, jouant la comédie du manager raisonnable et déçu.

« Écoutez, je ne veux pas créer de scandale. Alexandre, rends simplement le stylo, et nous oublierons tout ça. C'est un objet de valeur, mais plus sentimental qu'autre chose. »

Sa condescendance me rendit fou de rage. Ma voix sortit plus forte, plus assurée que je ne l'aurais cru.

« Je vous le répète, je n'ai rien pris. Si vous êtes si sûr de vous, alors appelons la police. Faisons les choses correctement. »

À la mention de la police, le visage de Marc se figea un instant. Léa, elle, fronça les sourcils, comme si ma demande était une insulte de plus.

« N'exagère pas, Alexandre. On peut régler ça entre nous, » dit-elle d'un ton impatient. « Arrête de faire une scène. »

« Une scène ? » Je ris amèrement. « C'est vous qui avez commencé cette scène en m'accusant devant tout le monde ! J'ai le droit de me défendre. »

Marc, voyant peut-être que sa tactique de persuasion douce ne fonctionnait pas, changea de ton. Il devint menaçant.

« Tu veux jouer à ça ? Très bien. »

Il se jeta de nouveau sur mon sac, le vidant cette fois sans ménagement sur le sol. Mon vieux téléphone, mes écouteurs emmêlés, quelques pièces de monnaie et les papiers de ma mère se répandirent sur le marbre froid. Les factures de l'hôpital, avec leurs montants exorbitants, étaient bien visibles. Certains collègues se penchèrent, leurs regards pleins d'une pitié malsaine qui me donnait la nausée.

Et puis, au milieu de mes maigres possessions, un objet brilla sous la lumière des lustres.

Un stylo. Un stylo en métal argenté, lourd et élégant, avec l'emblème blanc de Montblanc sur le capuchon.

Le silence revint, encore plus lourd qu'avant. C'était le silence de la condamnation. J'étais pris. "Pris la main dans le sac", littéralement.

Marc le ramassa avec un air de triomphe.

« Ah, le voilà. Je me disais bien. »

Il le fit tourner entre ses doigts, le montrant à l'assemblée comme une preuve irréfutable.

Je restai figé, le cerveau en ébullition. C'était impossible. Ce stylo n'était pas dans mon sac. Je ne l'avais jamais vu de ma vie. Lentement, les pièces du puzzle se mirent en place. Marc m'avait bousculé un peu plus tôt dans la soirée, près du buffet. Un contact anodin, avais-je pensé. C'était donc ça. Il l'avait glissé dans mon sac à ce moment-là.

C'était un piège. Un piège grossier, mais terriblement efficace.

Je relevai la tête, le regard fixé sur Marc, puis sur Léa.

« C'est un coup monté. Je n'ai jamais mis ce stylo dans mon sac. »

Ma voix était calme, presque trop calme. La panique avait laissé place à une froide lucidité.

« Il y a une solution très simple pour prouver mon innocence. L'hôtel a des caméras de surveillance partout. Vérifions les enregistrements. On verra bien qui a mis ce stylo dans mon sac. »

Léa me regarda, et pour la première fois, une lueur d'incertitude traversa son regard. Elle se tourna vers Marc.

« Il a raison. Allons voir les caméras. »

Le sourire de Marc s'effaça. Il eut l'air mal à l'aise pendant une seconde.

« Bien sûr, allons-y. »

Nous nous sommes dirigés vers la réception, suivis par un petit groupe de collègues curieux. Le réceptionniste, un jeune homme impressionné par la présence de la fille du PDG, nous conduisit dans le bureau de la sécurité.

Le chef de la sécurité, un homme corpulent à l'air fatigué, était assis devant un mur d'écrans.

« Monsieur Fournier, Mademoiselle Martin. Que puis-je pour vous ? »

Marc expliqua la situation d'un ton posé. Le chef de la sécurité hocha la tête et manipula sa souris pour retrouver les enregistrements du salon.

L'image apparut à l'écran. On voyait la salle, la fête, les gens qui discutaient. Mais l'image était fixe. Figée.

« C'est étrange, » marmonna le chef de la sécurité. « On dirait qu'il y a un problème. »

Il se pencha sous le bureau, puis se releva avec un air contrarié.

« La caméra du salon a été débranchée. La prise est sortie du mur. »

Mon sang se glaça. Je regardai Marc. Il affichait un air de surprise outrée, mais je vis une lueur de soulagement dans ses yeux. C'était lui. Il avait tout prévu.

« Débranchée ? » s'exclama-t-il, jouant la comédie à la perfection. « C'est incroyable. Alexandre, tu es allé plus loin que je ne le pensais. Non seulement tu voles, mais en plus tu sabotes le matériel pour effacer tes traces. Tu es vraiment prêt à tout. »

Le dernier fil d'espoir auquel je me raccrochais venait de se rompre. J'étais piégé, sans aucune issue possible.

C'est tout ce qui est disponible pour le moment.

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Liste des chapitres

11 chapitres au total

  1. Chapitre 1Introduction
  2. Chapitre 2Chapitre 1
  3. Chapitre 3Chapitre 2

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