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Chapitre 2
Je les ai regardés, mon mari et ma belle-mère. Leurs visages semblaient si normaux, si aimants.
Pourtant, dans ma tête, les images de ma vie passée défilaient. Leurs accusations, leur haine, leur dégoût.
Je ne pouvais pas leur faire confiance.
« Non, » ai-je dit, ma voix tremblante.
Antoine a froncé les sourcils.
« Non ? Pourquoi ? Tu as quelque chose de prévu ? »
Je devais trouver une excuse, vite.
« Manon... Manon ne se sent pas bien. Elle a toussé toute la nuit. Je préfère la garder à la maison aujourd'hui. »
Hélène s'est approchée, posant sa main sur mon front. Un geste faussement attentionné.
« Tu n'as pas de fièvre. Et Manon semblait en pleine forme au petit-déjeuner. »
« Les enfants, ça change vite, » ai-je insisté. « Je ne prendrai aucun risque. Elle reste avec moi. »
Ils ont échangé un regard rapide, une fraction de seconde d'une émotion que je n'ai pas pu déchiffrer. De l'agacement ? De la contrariété ?
Finalement, Antoine a haussé les épaules.
« Comme tu veux. On y va alors. On se voit tout à l'heure. »
Ils sont partis. La porte s'est refermée.
J'ai couru dans la chambre de Manon. Elle jouait tranquillement avec ses poupées.
Je l'ai prise dans mes bras, la serrant si fort qu'elle a protesté.
« Maman, tu m'étouffes ! »
J'ai enfoui mon visage dans ses cheveux. Elle sentait le shampoing à la fraise. Elle était vivante. Elle était là.
« Maman t'aime plus que tout au monde, tu le sais ? »
Elle a hoché la tête, un peu confuse.
« Moi aussi, je t'aime, Maman. Est-ce qu'Hélène t'aime ? »
La question m'a surprise.
« Bien sûr, ma chérie. Pourquoi tu demandes ça ? »
« Hier, elle a dit à Papy Antoine que tu étais une mauvaise maman parce que tu passes trop de temps avec tes bouteilles de vin. »
Mon cœur s'est serré. Les bouteilles de vin. Mon travail. Ma passion.
« Ne t'inquiète pas pour ça, mon cœur. C'est des histoires de grands. »
Je l'ai gardée avec moi toute la matinée. Nous avons dessiné, nous avons lu des histoires. J'ai verrouillé la porte d'entrée et fermé toutes les fenêtres. Personne n'entrerait. Personne ne me l'enlèverait.
Puis, le téléphone a sonné. C'était une commande urgente pour le restaurant. Une caisse de vin rare que je devais vérifier dans notre cave.
J'ai hésité.
« Manon, reste ici, d'accord ? Ne bouge pas. Maman descend juste deux minutes. »
« D'accord, Maman. »
Je suis descendue dans la cave. L'air était frais et sentait la terre humide. J'ai trouvé la caisse, vérifié l'étiquette. Tout était en ordre.
Cela n'a pas pris plus de cinq minutes.
Je suis remontée, le cœur un peu plus léger.
« Manon ? J'ai fini ! »
Silence.
La panique a commencé à monter dans ma gorge.
« Manon ? »
J'ai cherché dans le salon. Rien. Dans sa chambre. Rien. Dans la cuisine. Rien.
Elle avait disparu.
La porte d'entrée était toujours verrouillée de l'intérieur. Les fenêtres étaient fermées.
C'était impossible.
Puis, j'ai entendu les sirènes. De plus en plus proches.
Mon monde s'est de nouveau effondré.
C'est tout ce qui est disponible pour le moment.
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