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Chapitre 1
Amélie Dubois ferma la portière de sa voiture, un soupir de soulagement lui échappant. Le trajet depuis Lyon avait été long. Manon, sa petite-fille, avait eu une mauvaise grippe, et Chloé, sa fille, semblait toujours aussi dépassée. Amélie avait passé une semaine à jongler entre les soins à Manon, les repas, et tenter de remonter le moral de Chloé.
Elle attrapa son sac sur le siège passager. En le soulevant, elle sentit un poids inhabituel. Intriguée, elle l'ouvrit. Une épaisse enveloppe y était glissée. À l'intérieur, des billets. Beaucoup de billets. Elle compta rapidement : trois mille euros. Chloé. Encore une fois. Sa fille avait cette manie de lui donner de l'argent en cachette, comme si Amélie était dans le besoin. Pourtant, avec sa pension d'enseignante d'histoire à la retraite et les revenus locatifs de son petit appartement parisien, hérité de ses parents et mis en gestion, elle vivait confortablement.
Un mélange de tendresse et d'agacement la traversa. Chloé savait qu'Amélie n'aimait pas ça. Elle rangea l'enveloppe dans son portefeuille, se disant qu'elle appellerait Chloé plus tard pour la sermonner gentiment.
À peine avait-elle posé ses affaires dans l'entrée de sa bastide provençale que son téléphone sonna. Le nom d'Antoine Martin, son gendre, s'afficha. Son cœur se serra légèrement. Les appels d'Antoine annonçaient rarement de bonnes nouvelles.
« Allô, Antoine ? »
La voix à l'autre bout du fil explosa, agressive, chargée de reproches.
« Amélie ! Chloé vient de me dire que tu lui as encore pris de l'argent ! Trois mille euros ! Tu te rends compte ? »
Amélie resta figée, le téléphone collé à l'oreille. Pris de l'argent ?
« Pardon ? Antoine, je ne comprends pas. C'est Chloé qui m'a mis cet argent dans mon sac, sans rien me dire. »
« Arrête tes mensonges ! Comme si Chloé allait te donner autant d'argent ! On a un enfant à charge, nous ! On a des projets ! Et toi, tu viens la saigner à blanc ? Tu n'as pas honte ? »
La violence des accusations la laissa sans voix. Saigner sa propre fille ? Elle, qui avait toujours tout fait pour Chloé ?
« Antoine, je te demande de te calmer. C'est Chloé qui a insisté pour me donner cet argent. Je comptais l'appeler pour le lui rendre. »
« Tu te fous de moi ? Rendre l'argent ? C'est notre argent ! Tu vas nous le rendre, et vite ! Et ne t'avise plus jamais de manipuler Chloé comme ça ! »
Amélie sentit la colère monter, froide et tranchante. Manipuler Chloé ? Lui qui passait son temps à le faire.
« Je ne te permets pas de me parler sur ce ton, Antoine. Cet argent, c'est Chloé qui me l'a donné. Point final. Si elle le regrette, qu'elle m'appelle elle-même. »
« Tu vas voir ce que tu vas voir, vieille pie ! »
Il raccrocha brutalement. Amélie resta un long moment immobile, le combiné encore à l'oreille, le cœur battant la chamade. La brutalité, l'injustice de l'accusation la blessaient profondément. Jean-Pierre, son mari, entra dans le salon, attiré par le silence soudain.
« Qu'est-ce qui se passe, ma chérie ? Tu es toute pâle. »
Amélie le regarda, les larmes aux yeux.
« C'était Antoine. Il… il m'accuse d'avoir volé Chloé. »
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