/0/36060/coverbig.jpg)
Chapitre 2
Le lendemain matin, le scandale a éclaté.
Pas discrètement, comme Camille l'avait promis.
C'était à la une de tous les journaux gastronomiques de Paris. "Le jeune prodige Julien, une honte pour la profession". La photo de moi, prise lors d'un concours que j'avais gagné, était barrée d'un titre accusateur.
Pire encore, il y avait une interview. De Lucas.
Il se présentait comme un "témoin choqué", racontant avec une voix tremblante comment il m'avait vu, "l'air suspect", manipuler les ingrédients. Il était le héros qui avait découvert la vérité.
Mon téléphone n'arrêtait pas de vibrer. Des messages de haine, des appels de collègues furieux.
J'ai ignoré tout ça et je suis rentré à notre appartement, sur la butte Montmartre. Celui où nous avions rêvé de notre avenir.
La clé a tourné difficilement dans la serrure. Quelque chose avait changé.
L'odeur. Ce n'était plus notre odeur. C'était un parfum d'intérieur cher et écœurant, celui que Lucas aimait.
Dans le salon, nos meubles simples et chaleureux avaient disparu. Remplacés par des canapés en velours criard et des objets d'art prétentieux. Le style de Lucas.
Je suis allé directement à la cuisine. Mon sanctuaire.
Mon cœur s'est serré.
Mes ustensiles de cuisine vintage, que j'avais chinés pendant des années, n'étaient plus là. À leur place, une batterie de cuisine en cuivre tape-à-l'œil, flambant neuve. Un cadeau de Lucas à Camille, sans doute.
Je suis monté à notre chambre. La porte était entrouverte.
Lucas était là, en peignoir de soie, allongé sur mon lit. Notre lit. Il lisait un magazine, l'air parfaitement chez lui.
Il m'a vu et a souri. Un sourire cruel.
« Ah, Julien. Tu es rentré. Camille est sortie faire des courses. Elle a dit que tu ne devrais plus dormir ici. Tes affaires sont en bas. »
En bas. Dans la cave humide.
J'y suis descendu. Mes uniformes de chef, blancs et impeccables, étaient jetés en tas sur le sol moisi. À côté, mes carnets de recettes, des années de travail, de passion, leurs pages gondolées par l'humidité.
Je suis remonté, sans un mot.
Camille est rentrée à ce moment-là, les bras chargés de sacs de marques de luxe.
Elle m'a regardé, sans aucune trace de la femme suppliante de la veille. Son visage était dur, froid.
« Julien. Je pense qu'il est temps d'être honnête. Nous ne pouvons plus être ensemble. »
Elle a fait une pause, savourant son effet.
« Un chef qui a perdu son âme ne peut plus créer de la grande cuisine. Tu ne me sers plus à rien. J'annule nos fiançailles. Lucas et moi allons nous marier. »
Chaque mot était un coup. Mais je n'ai rien laissé paraître.
J'ai simplement hoché la tête. « Je comprends. »
Ma froideur l'a surprise. Elle s'attendait à des cris, des larmes.
Je lui ai tourné le dos et je suis sorti de l'appartement. Dans ma poche, mon téléphone vibrait. J'ai sorti un deuxième téléphone, un prépayé.
J'ai composé un numéro que je connaissais par cœur. Celui d'Éléonore. La seule personne qui m'avait cru dans ma vie passée.
« Allô ? » Sa voix était exactement comme dans mon souvenir. Calme et posée.
« Éléonore, c'est Julien. J'ai besoin de votre aide. »
C'est tout ce qui est disponible pour le moment.
Continuez la lecture pour suivre la suite de l'histoire.
Continuer la lectureListe des chapitres
11 chapitres au total
/0/25289/coverbig.jpg)
/0/34212/coverbig.jpg)
/0/34961/coverbig.jpg)
/0/36026/coverbig.jpg)
/0/10954/coverbig.jpg)
/0/1755/coverbig.jpg)
/0/38039/coverbig.jpg)
/0/37939/coverbig.jpg)
/0/37899/coverbig.jpg)
/0/38133/coverbig.jpg)
/0/38038/coverbig.jpg)
/0/33807/coverbig.jpg)