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Chapitre 2

Ma nouvelle vie était un combat constant. Pour oublier Marc, pour me concentrer sur la danse, et surtout, pour survivre financièrement. Mon école organisait un concours prestigieux, le gagnant recevait une bourse et une place dans une compagnie de renommée internationale. C'était ma chance, ma porte de sortie définitive. Mais les frais d'inscription et le coût du costume étaient élevés.

J'ai mis ma fierté de côté et je l'ai appelé. Je lui ai expliqué la situation, la voix aussi neutre que possible, comme s'il s'agissait d'une simple transaction commerciale.

Sa réponse a été glaciale, pleine d'un mépris à peine voilé.

« Un autre concours, Amélie ? Tu ne penses pas qu'il est temps d'arrêter de rêver et de faire face à la réalité ? La danse ne te mènera nulle part. »

J'ai senti la colère monter en moi, brûlante.

« C'est mon rêve, Marc. C'est tout ce que j'ai. »

« Tes rêves ne paient pas les factures. Peut-être que tu devrais utiliser ton temps pour trouver un mari riche au lieu de sauter sur une scène. Ce serait plus utile. »

Le téléphone m'est presque tombé des mains. Il me réduisait à ça, une chercheuse d'or. L'homme qui avait assisté à toutes mes représentations, qui m'avait dit que j'avais un talent unique, me disait maintenant que ma passion était inutile.

J'ai raccroché sans un mot. La blessure était profonde, vive.

Quelques jours plus tard, la douleur s'est intensifiée. En scrollant sur Instagram, je suis tombée sur une photo. Marc, souriant, le bras passé autour de la taille d'une femme élégante et magnifique. Sophie. Je la connaissais, c'était une de ses partenaires en affaires. La légende était simple : "Une soirée parfaite avec la femme parfaite." Leurs amis les félicitaient dans les commentaires, parlaient de mariage.

Mon cœur s'est serré si fort que j'ai eu du mal à respirer. Ce n'était pas de la jalousie, c'était un sentiment de trahison totale. Il me refusait le droit de poursuivre mon rêve, me traitait comme un fardeau, et pendant ce temps, il affichait son bonheur parfait au monde entier. La solitude m'a submergée.

Des souvenirs ont refait surface, des souvenirs de l'époque où il était mon monde. Je me suis souvenue de la fois où j'étais tombée malade, et il avait veillé toute la nuit à mon chevet, changeant les compresses froides sur mon front. Je me suis souvenue de la fierté dans ses yeux le jour de ma première représentation en solo. Il m'avait offert un bouquet de pivoines, mes fleurs préférées, et m'avait dit à l'oreille : "Tu es une étoile, Amélie."

Ces souvenirs étaient un poison. Ils rendaient sa cruauté actuelle encore plus incompréhensible.

Et puis, je me suis souvenue de la période juste avant ma confession. Ses gestes étaient devenus ambigus. Il posait parfois sa main sur le bas de mon dos un peu trop longtemps, son regard s'attardait sur mes lèvres quand je parlais, il me faisait des compliments qui dépassaient le cadre familial. "Tu deviens une femme magnifique, Amélie." "Cette robe te va à ravir, elle met en valeur tes..." Il s'arrêtait toujours avant la fin, me laissant dans un trouble délicieux et angoissant.

C'est lui qui avait allumé l'étincelle. C'est lui qui m'avait donné l'impression que mes sentiments étaient peut-être partagés. Il m'avait encouragée, subtilement, à tomber amoureuse de lui.

La mémoire de sa réaction ce soir-là est revenue, plus nette, plus cruelle que jamais. Quand je lui avais avoué mon amour, il ne s'était pas contenté de me rejeter. Il m'avait humiliée.

« Tu te rends compte de ce que tu dis ? J'ai vingt ans de plus que toi. Je t'ai élevée. C'est malsain, Amélie. C'est contre-nature. »

Il avait prononcé ces mots avec un calme terrifiant, comme un juge rendant son verdict. Chaque syllabe était calculée pour me faire mal, pour me faire honte.

Le coup de grâce était venu ensuite, quand j'avais essayé de murmurer que je ne pouvais pas contrôler mes sentiments.

Il avait ri. Un rire sec, méprisant.

« Tes sentiments ? Tu n'es qu'une enfant qui a des illusions. Tu es un fardeau que j'ai accepté par devoir pour tes parents. Ne confonds pas ma pitié avec de l'affection. Ta petite obsession est pathétique. »

Fardeau. Pitié. Obsession pathétique.

Ces mots s'étaient gravés dans ma mémoire. Il ne m'avait pas seulement brisé le cœur, il avait piétiné mon estime de moi, m'avait fait croire que j'étais une chose anormale et méprisable. Et maintenant, il vivait sa vie parfaite avec Sophie, alors que je luttais pour recoller les morceaux de ce qu'il avait détruit.

C'est tout ce qui est disponible pour le moment.

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Liste des chapitres

11 chapitres au total

  1. Chapitre 1Introduction
  2. Chapitre 2Chapitre 1
  3. Chapitre 3Chapitre 2

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