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Chapitre 2

Le lendemain, un homme en costume impeccable, l' assistant personnel d' Éléonore, vint chercher Antoine.

Il l' emmena chez un médecin privé, très cher.

Antoine n' avait que quelques égratignures, dues à sa chute quand le mannequin était tombé.

Mais le médecin l' examina sous toutes les coutures, prescrivant repos et calmants.

Éléonore jouait la comédie de l' épouse attentionnée.

De retour à l' appartement, une boîte de macarons de chez Ladurée l' attendait.

Ses préférés. Un geste calculé, une autre forme de contrôle.

Antoine mangea un macaron, le goût sucré lui semblant amer.

Il se sentait comme un oiseau en cage, une cage dorée mais une cage quand même.

L' attention excessive d' Éléonore était étouffante, ironique après la terreur de la veille.

Quelques jours plus tard, Éléonore organisa une soirée mondaine dans leur appartement.

Antoine s' y sentait déplacé, un fantôme parmi les invités brillants et futiles.

Et puis il le vit.

Julien Moreau, rayonnant, arrogant, se pavanant au milieu du salon.

À son poignet, la montre de son père.

La douleur fut vive, comme une blessure rouverte.

Julien capta son regard et lui adressa un sourire narquois, levant ostensiblement le bras pour mieux exhiber la montre.

Antoine serra les poings, une amertume profonde l' envahissant.

Il se sentait remplacé, effacé.

Éléonore, à côté de Julien, riait, visiblement sous son charme.

Elle ne lui accorda pas un regard.

Plus tard dans la nuit, seul dans son bureau, Antoine commença à préparer son départ.

Il ouvrit son ordinateur portable, naviguant dans leurs albums photos numériques.

Des souvenirs de vacances. La Côte d' Azur, les Châteaux de la Loire.

Des moments où ils avaient été heureux, ou du moins où il l' avait cru.

Avec une main tremblante, il commença à supprimer les fichiers.

Chaque photo effacée était comme un lien coupé, une page tournée.

Il ne garda que quelques photos de ses parents, et une de Sophie, datant de l' université.

Il sentait une mélancolie l' envahir, mais aussi une étrange forme d' acceptation.

Leur histoire était terminée. Il devait se préparer à disparaître.

Soudain, la porte du bureau s' ouvrit. Julien entra, un verre à la main.

« Alors, Antoine, tu te caches ? Tu n' aimes pas la fête ? »

Son ton était provocateur.

Antoine ne répondit pas, continuant à fixer l' écran de son ordinateur.

Julien s' approcha, regardant par-dessus son épaule.

« Des vieilles photos ? Pathétique. »

Il remarqua la montre au poignet d' Antoine, une montre simple qu' il portait tous les jours.

Pas celle de son père, bien sûr. Celle-là, Julien l' arborait fièrement.

« Tu sais, ta vieille montre, celle de ton père… elle est jolie, mais un peu… démodée. »

Il fit mine de l' examiner de plus près.

« Éléonore m' a dit qu' elle te l' avait prise parce que tu allais la perdre ou la casser. Elle a bien fait. »

Il s' arrêta, puis ajouta, avec un sourire cruel :

« D' ailleurs, en parlant de la casser… »

Il sortit la montre de son père de sa poche, où il l'avait mise après l'avoir exhibée.

Il la laissa tomber au sol. Le verre se brisa.

« Oh, zut. Quelle maladresse. »

Antoine se leva d' un bond, le cœur battant de rage.

« Qu' as-tu fait ? »

Il se pencha pour ramasser la montre brisée, le cœur serré.

Julien éclata de rire.

« Ce n' est qu' un vieil objet. Éléonore m' en achètera une autre, plus belle, plus chère. »

Antoine le regarda, les yeux pleins de fureur contenue.

Il tenta de rester calme.

« Julien, je te propose un marché. Prends Éléonore. Garde-la. Je ne me battrai pas pour elle. Mais rends-moi la montre. Ou du moins, ce qu' il en reste. Et disparais de ma vie. »

C' était une tentative désespérée, il le savait.

Julien le regarda avec mépris.

« Te rendre la montre ? Mais pourquoi ferais-je ça ? Elle m' amuse. Et te voir souffrir… c' est encore plus amusant. »

Il écrasa la montre du talon, la réduisant en morceaux.

« Voilà. Problème réglé. »

Au même moment, Éléonore entra dans le bureau, attirée par le bruit.

« Que se passe-t-il ici ? »

Julien se tourna vers elle, le visage défait, adoptant une expression de victime.

« Éléonore, mon amour ! Antoine… il est devenu fou ! Il a essayé de me frapper ! Et… et il a cassé la montre que tu m' as offerte ! Il a dit qu' elle ne m' appartenait pas ! »

Ses yeux se remplirent de larmes de crocodile.

La manipulation était flagrante, dégoûtante.

Antoine regarda Éléonore, espérant une lueur de compréhension, de justice.

Mais Éléonore se précipita vers Julien, le prenant dans ses bras.

« Oh, mon pauvre chéri ! Ça va ? Il ne t' a pas blessé ? »

Elle foudroya Antoine du regard.

« Antoine ! Comment oses-tu ? Après tout ce que j' ai fait pour toi ! Tu t' attaques à Julien ? Tu casses le cadeau que je lui ai fait ? Cette montre avait une grande valeur ! »

Elle ne mentionna même pas que c' était la montre de son père.

L' injustice était totale, la partialité flagrante.

« Tu vas t' excuser auprès de Julien. Immédiatement ! »

Sa voix était impérieuse.

Antoine sentit un calme étrange l' envahir.

La colère avait fait place à une froide résolution.

Il sortit son téléphone de sa poche.

« Inutile de t' excuser, Éléonore. J' ai tout enregistré. »

Il appuya sur 'play' . La voix de Julien, claire et nette, résonna dans la pièce, narrant sa provocation, sa destruction délibérée de la montre.

Un silence tendu s' installa.

L' espoir d' une justice, même minime, brillait faiblement.

C'est tout ce qui est disponible pour le moment.

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Liste des chapitres

21 chapitres au total

  1. Chapitre 1Introduction
  2. Chapitre 2Chapitre 1
  3. Chapitre 3Chapitre 2

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