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Chapitre 2 Partie 02

Chapitre 2

POV d'Ember

Le noir m'engloutissait entièrement.

Je tentai d'ouvrir les yeux, mais rien ne changea. Aucune lumière, aucune forme, aucun repère. Une vague de panique me traversa aussitôt, faisant s'emballer mon cœur contre ma poitrine. Ma respiration se fit plus rapide tandis que je comprenais enfin que mes yeux n'étaient pas fermés : j'avais les yeux bandés.

Instinctivement, j'essayai de porter les mains à mon visage pour arracher le tissu qui me privait de la vue. Mes bras se tendirent brutalement, mais ils furent stoppés net. Le bruit métallique de chaînes résonna dans l'obscurité.

Je me débattis davantage.

La douleur explosa autour de mes poignets.

Plus je tirais, plus la brûlure devenait insupportable. Le métal mordait ma peau avec une cruauté implacable. J'étais attachée.

Peu à peu, mon esprit émergea du brouillard dans lequel il était plongé. Chaque seconde qui passait rendait les sensations plus nettes, plus réelles. Mes poignets me lançaient atrocement, mes épaules étaient tendues à l'extrême, et une fatigue écrasante pesait sur tout mon corps.

Je cherchai aussitôt Aoralia.

Je plongeai au plus profond de mon esprit, là où sa présence avait toujours été une évidence.

Je la sentais.

À peine.

Comme une flamme vacillante sur le point de s'éteindre.

- Aoralia...

Aucune réponse.

- Aoralia, réponds-moi... S'il te plaît. Dis-moi que tu vas bien. Dis-moi quelque chose...

Ma voix tremblait, déformée par la peur.

Pourquoi ne me répondait-elle pas ?

Où étions-nous ?

Que s'était-il passé ?

Je fouillai désespérément mes souvenirs, mais mon esprit ne rencontrait qu'un vide épais. Chaque tentative pour me rappeler quelque chose déclenchait une douleur lancinante dans mon crâne. Mes pensées semblaient glisser entre mes doigts, insaisissables.

Je n'avais qu'une seule certitude.

Je devais sortir d'ici.

Je levai autant que possible mon épaule droite malgré les chaînes qui maintenaient mes bras écartés. En inclinant la tête, je frottai le bandeau contre mon épaule, centimètre par centimètre, avec une détermination désespérée. Après plusieurs essais, je réussis enfin à soulever légèrement le tissu près de mon œil droit.

Une mince ouverture.

C'était suffisant.

Je distinguai mes bras tendus de chaque côté, retenus par des chaînes fixées à un immense anneau métallique scellé dans la pierre. Le même système semblait exister de l'autre côté, m'empêchant de rapprocher les bras de mon corps. Mes jambes, en revanche, étaient libres.

Je pouvais rester debout.

Autour de moi s'étendait une cellule de pierre sombre et humide. L'air était lourd, chargé d'odeurs de moisissure et de terre détrempée. Nous étions sous terre.

La porte se trouvait à quelques mètres devant moi.

D'épais barreaux métalliques formaient une grille massive.

Tout en haut du mur, sur ma droite, une étroite ouverture barrée de fer laissait passer un filet d'air.

Une fenêtre.

Ou quelque chose qui y ressemblait.

Je cessai d'observer les lieux pour examiner mon propre corps.

Mon poignet droit était rouge vif, à vif, brûlé par le contact prolongé avec les chaînes d'argent. Par endroits, la peau se décollait presque. Plusieurs entailles parsemaient mes avant-bras, certaines déjà en train de cicatriser.

Mon haut était déchiré sur le côté droit.

Trois longues griffures partaient de mon ventre, contournaient ma hanche et disparaissaient vers mon dos. Le sang continuait à couler lentement.

Quelqu'un m'avait lacérée.

Je tirai de toutes mes forces sur les chaînes.

La souffrance qui traversa mes poignets fut si violente que je dus serrer les dents pour ne pas crier. J'essayai encore. Et encore.

Les anneaux ne bougèrent pas.

La pierre resta immobile.

J'étais beaucoup trop faible.

- Aoralia... tu m'entends ?

Toujours rien.

Elle était encore plus affaiblie que moi.

Elle devait utiliser les dernières forces qui lui restaient pour tenter de guérir mes blessures.

Ce qui m'inquiétait, c'était que ces blessures auraient déjà dû être refermées.

Quelque chose n'allait pas.

Un bruit interrompit brusquement mes pensées.

Le grincement d'une porte.

Puis des pas.

Des pas lourds qui descendaient un escalier.

Je retins mon souffle.

La personne avançait dans ma direction sans chercher à dissimuler sa présence. Chaque pas résonnait dans les couloirs souterrains, se rapprochant inexorablement.

Puis une voix.

Une voix que je connaissais.

- Alors, petit louveteau... on s'est fait capturer ?

Le visage de l'homme apparut derrière les barreaux.

Mon sang se glaça.

- Dimitri...

Les souvenirs revinrent d'un seul coup.

Le combat.

La trahison.

Les cris.

Le sang.

Tout me frappa avec une violence telle que la colère balaya instantanément ma peur.

Il éclata d'un rire lent.

Ce rire n'avait rien d'humain.

Il était profond, grave, presque monstrueux, chargé d'une cruauté glaciale qui me fit frissonner malgré moi.

Je me souvenais désormais de tout.

De ce qu'il avait fait.

À ma famille.

À ma meute.

À tous ceux que j'aimais.

Et je ne pouvais rien faire.

La porte s'ouvrit brutalement dans un fracas métallique.

Il entra dans la cellule avec une assurance insupportable.

- J'attendais ce moment depuis si longtemps. Mon plan est enfin accompli. Tu ne pourras plus jamais m'arrêter. Tu mourras ici, avant même de revoir le monde extérieur.

Il s'arrêta juste devant moi et arracha violemment le bandeau de mes yeux.

La lumière vacillante des torches me brûla la rétine.

Je le fixai avec une haine brûlante.

- Tu paieras pour tout ce que tu as fait, Dimitri. La meute ne te suivra jamais. Tu ne deviendras jamais Alpha légitimement. Tu n'as obtenu ce pouvoir que par le mensonge et le meurtre.

Je lui crachai au visage.

Ses yeux s'embrasèrent.

Il bondit vers moi.

Je levai immédiatement ma jambe libre et frappai entre ses jambes de toutes mes forces.

Il se plia en deux.

J'en profitai pour lui asséner un coup de pied dans la poitrine.

Il recula lourdement.

C'était une erreur.

Je le savais.

Ma colère prenait le dessus alors que j'étais enchaînée.

En une fraction de seconde, il fut de nouveau devant moi.

Sa vitesse était terrifiante.

Sa main s'abattit sur mon visage.

Le choc me projeta la tête sur le côté.

Le goût du sang envahit ma bouche.

J'en recrachai une partie sur le sol tandis que je voyais ses yeux passer du brun sombre à un rouge profond.

Il se déplaça lentement autour de moi, hors de portée de mes jambes.

Puis sa main se referma autour de ma gorge.

Il se pencha contre mon cou.

Son souffle chaud effleura ma peau.

Je faillis vomir lorsqu'il passa la langue sur la traînée de sang qui coulait au coin de mes lèvres.

Il gémit de satisfaction.

J'essayai de détourner la tête, mais ses doigts se resserrèrent, coupant mon souffle.

Ses lèvres s'écrasèrent brutalement près de ma bouche.

Il aspira le reste du sang.

Je sentis même l'extrémité de sa langue franchir le coin de mes lèvres.

Lorsqu'il me relâcha enfin, je repris une grande inspiration en toussant violemment.

- Tu es délicieuse, petite louve. Le pouvoir qui coule dans ton sang est exceptionnel. Peut-être devrais-je te garder comme Luna. Les enfants que nous aurions seraient d'une puissance extraordinaire.

L'horreur me paralysa.

- Tu ne me toucheras jamais ! Comment peux-tu seulement envisager une chose pareille avec ton propre sang ? Tu es un monstre !

Ma voix résonna dans toute la cellule.

Je préférais mourir.

- Nous verrons bien. Il va falloir t'apprendre l'obéissance. Peut-être finiras-tu même par apprécier qu'on te traite... avec brutalité.

Il murmura ces mots contre mon oreille.

Je frissonnai de dégoût.

Rassemblant les dernières forces qui me restaient, je projetai violemment ma tête contre la sienne.

Il recula en jurant.

- Sale garce !

Je souris faiblement.

S'il me détestait suffisamment, peut-être me tuerait-il avant de réaliser l'une de ses abjectes intentions.

- Je détruirai tout ce qui compte pour toi. Ta famille. Ta meute. Tu perdras absolument tout. Mais avant cela... je vais m'amuser.

Le sang quitta mon visage.

Il se dirigea vers la porte, puis s'arrêta.

- Je reviendrai, petite louve. Et quand ce sera le cas, tu supplieras pour mourir.

Il quitta la cellule en riant.

Toute ma force s'effondra.

Je me réveillai en sursaut.

Accalia me léchait le visage en gémissant d'inquiétude.

Mon cœur battait si fort que j'avais l'impression qu'il allait exploser.

Je me levai précipitamment, sortis de la cabane et tombai à genoux devant la porte.

Je vomis jusqu'à ce que mon estomac soit complètement vide.

L'air me manquait.

Je passai une main tremblante sur mon visage.

J'étais trempée de sueur.

Mon ventre se contractait encore.

Le passé refusait de me laisser en paix.

Accalia vint se presser contre moi, frottant doucement sa grande tête contre mon épaule.

Je caressai son museau.

- Ce n'est rien, ma belle. Seulement les fantômes d'autrefois qui reviennent me tourmenter.

Je me redressai lentement.

J'en avais assez de ces cauchemars.

Ils revenaient chaque nuit.

Une larme glissa sur ma joue.

J'essayais d'oublier.

Mais comment oublier lorsque chaque fois que je fermais les yeux, je revivais cet enfer ?

Je levai les yeux vers le ciel.

L'aube colorait déjà l'horizon.

Il était temps de s'entraîner.

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Liste des chapitres

59 chapitres au total

  1. Chapitre 1Chapitre 1 Partie 1
  2. Chapitre 2Chapitre 2 Partie 02
  3. Chapitre 3Chapitre 3 Partie 3

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