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Chapitre 2
Je suis restée là, pétrifiée, regardant la scène se dérouler. Robert a posé une main sur mon épaule.
« Juliette, on devrait peut-être y aller. Revenir un autre jour. »
« Non. » Ma voix était un murmure rauque. « Je dois lui parler. »
J'ai commencé à descendre la pente vers la plage, mes jambes tremblantes à chaque pas. Robert me suivait, inquiet.
Le couple a remarqué notre approche. L'homme, mon Joseph, a froncé les sourcils. Son regard, autrefois rempli d'amour pour moi, était maintenant celui d'un étranger. Il n'y avait aucune reconnaissance, seulement de la méfiance. Il a instinctivement placé la femme enceinte légèrement derrière lui, dans un geste de protection.
Ce simple mouvement m'a causé une douleur physique.
La femme, Carole, s'est avancée avec un sourire timide. « Bonjour. On peut vous aider ? »
Je me suis forcée à sourire, un effort qui m'a semblé surhumain. Mon cœur battait la chamade, et une sueur froide coulait dans mon dos. Je devais mentir. Pour lui, pour elle, pour leur enfant à naître.
« Bonjour. Je... je suis Juliette Moore. Je suis la cousine de Léo. »
Le nom "Léo" a écorché ma gorge.
Le visage de Joseph est resté impassible, aucune lueur de souvenir. Carole, en revanche, s'est illuminée.
« Sa cousine ? Oh, mon Dieu ! Léo, tu entends ? C'est ta famille ! »
Elle s'est tournée vers lui, ses yeux brillant de joie. « Tu vois, je te l'avais dit que tu avais une famille quelque part ! »
Joseph m'a regardé, scrutant mon visage. « Je suis désolé, je ne me souviens pas de vous. J'ai eu un accident il y a trois ans. J'ai tout oublié. »
« Je sais », ai-je réussi à dire. « Robert me l'a expliqué. Ce n'est pas grave. L'important, c'est que tu sois en vie. »
Carole nous a invités dans leur petite maison, juste en bord de mer. Elle était simple, mais chaleureuse. Elle n'arrêtait pas de parler, excitée à l'idée que "Léo" ait enfin retrouvé un lien avec son passé.
Pendant tout ce temps, Joseph est resté silencieux, m'observant avec une distance polie. Chaque fois que son regard croisait le mien, il le détournait rapidement pour le poser sur Carole, avec une douceur qui m'était autrefois réservée.
Le soir, alors que Robert et Joseph étaient sortis chercher du bois, Carole et moi sommes restées seules. Elle m'a offert une tisane.
« Je suis si contente que vous soyez là », a-t-elle dit. « Parfois, j'ai peur. Léo ne se souvient de rien, et moi... je suis juste une simple infirmière. Sa famille... vous... vous êtes si élégante. J'ai peur de ne pas être à la hauteur. »
Sa sincérité était désarmante. Je ne pouvais pas la détester. C'est elle qui l'avait sauvé.
« Tu n'as pas à t'inquiéter », lui ai-je répondu, ma propre voix me semblant venir de très loin. « Les Larson sont des gens merveilleux. Ils seront heureux de te rencontrer. Je t'aiderai. Je te le promets. »
Elle m'a pris la main, ses yeux remplis de gratitude. « Merci, Juliette. Merci. »
Je me suis retirée dans la chambre d'amis qu'elle m'avait préparée, le cœur en miettes. J'avais promis d'aider la femme de mon fiancé à prendre ma place.
C'est tout ce qui est disponible pour le moment.
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