Passer au contenu principal

Chapitre 2

Je venais de commencer à jeter mes affaires dans une valise, les mains tremblantes de rage et de chagrin, quand j'ai entendu Marc parler dans le salon.

Sa voix était mielleuse, complètement différente du ton froid et calculateur qu'il avait utilisé avec moi.

« Oui, mon chou... Non, tout va bien. Je suis en train de régler les derniers détails... Elle a compris. »

Un silence. Puis il a ri doucement.

« Bien sûr que je pense à toi. Et à notre petit trésor. J'ai hâte d'être à demain. Moi aussi, je t'aime. »

Chaque mot me transperçait. "Mon chou". "Notre petit trésor". Il parlait à Mme Dubois. Il était encore chez nous, dans l'appartement que nous avions décoré ensemble, et il lui déclarait son amour au téléphone, sans aucune pudeur, alors que j'étais dans la pièce à côté.

J'ai serré les dents, ravalant les larmes qui menaçaient de couler. Pas maintenant. Je ne lui donnerais pas cette satisfaction.

J'ai fermé ma valise et l'ai traînée dans le salon. Il a raccroché précipitamment en me voyant, un air coupable sur le visage.

« Tu pars vraiment ? »

Avant que je puisse répondre, on a sonné à la porte.

Marc s'est figé, son visage passant de la culpabilité à la panique. Il est allé ouvrir, et ma patronne, Mme Dubois, se tenait sur le seuil.

Elle était exactement comme au bureau. Impeccablement vêtue d'un tailleur coûteux qui commençait à peine à mouler son ventre naissant, le regard hautain, un sourire condescendant aux lèvres.

Elle m'a jetée un regard de la tête aux pieds, s'attardant sur ma valise avec une satisfaction non dissimulée.

« Oh, chéri, tu ne m'avais pas dit que tu avais de la compagnie. »

Elle est entrée sans y être invitée, a contourné Marc et a posé une main possessive sur son bras. Elle a ensuite posé son autre main sur son ventre, dans un geste théâtral.

« Alors, Adèle. On dirait que vous n'avez pas encore fait vos cartons. »

Sa voix était pleine de venin sucré. Elle utilisait le "vous" pour marquer la distance, pour me rappeler qu'elle était ma supérieure, même ici, dans mon propre foyer.

Je l'ai regardée droit dans les yeux, refusant de baisser le regard.

« Je suis sur le point de partir, Madame. »

« Madame ? » a-t-elle répété en riant. « Oh, c'est adorable. Mais ici, tu peux m'appeler par mon prénom. Sophie. Après tout, nous allons être une sorte de... famille. »

Elle a savouré chaque syllabe, son regard brillant de méchanceté. C'était une provocation délibérée, une façon de me poignarder encore un peu plus.

Marc restait silencieux à côté d'elle, comme un chien bien dressé. Il n'a pas dit un mot pour me défendre. Il la laissait m'humilier dans mon propre salon. Son ambition l'avait rendu lâche et pathétique.

« Je ne pense pas, non, » ai-je répondu froidement.

Le sourire de Sophie Dubois s'est effacé.

« Tu as un ton bien arrogant pour quelqu'un qui est sur le point de se retrouver à la rue. Et au chômage, d'ailleurs. »

J'ai froncé les sourcils. « Qu'est-ce que vous voulez dire ? »

« Oh, tu n'es pas au courant ? » a-t-elle dit avec une fausse surprise. « Je t'ai licenciée ce matin. Pour faute grave. Plagiat. C'est dommage, n'est-ce pas ? Tes petites créations... il s'avère qu'elles ressemblent étrangement à celles d'un grand créateur. La lettre est déjà partie. »

Le sol s'est dérobé sous mes pieds. Non seulement elle m'avait pris mon fiancé et ma maison, mais elle détruisait aussi ma carrière. Une accusation de plagiat, c'était la mort professionnelle pour une styliste.

Je me suis tournée vers Marc, cherchant un soutien, une protestation, n'importe quoi.

« Marc ? »

Il a détourné le regard, l'air mal à l'aise.

« Sophie pense que c'est mieux ainsi, Adèle. Pour éviter les conflits d'intérêts. »

Il était complice. Il savait. Il l'avait laissée faire.

Sophie Dubois a fait un pas vers moi, son visage rayonnant de triomphe.

« Maintenant, si tu veux bien nous excuser, Marc et moi avons des choses à fêter. J'aimerais que tu partes. Tout de suite. Cet appartement est à moi, maintenant. Le bail a été transféré à mon nom ce matin. »

Elle a fait un geste de la main vers la porte, comme si elle chassait un insecte.

« Dégage. »

Marc n'a pas bougé. Il n'a pas protesté. Il a simplement regardé, silencieux, pendant que la femme qui portait son enfant me mettait à la porte de ma propre vie.

C'est tout ce qui est disponible pour le moment.

Continuez la lecture pour suivre la suite de l'histoire.

Continuer la lecture

Liste des chapitres

11 chapitres au total

  1. Chapitre 1Introduction
  2. Chapitre 2Chapitre 1
  3. Chapitre 3Chapitre 2

Nouveautés