/0/22175/coverbig.jpg)
Chapitre 1
C'était notre dixième anniversaire de mariage, mais l'ambiance au château Gordon n'avait rien de festif.
Alan Murray, le "meilleur ami" d'enfance de ma femme Carole, venait d'arriver avec un petit garçon frêle et craintif, qu'il a présenté comme son fils illégitime, Mathis.
Mon fils, Léo, qui a toujours eu le caractère arrogant de sa mère, a immédiatement vu Mathis comme une cible. Il l'a poussé violemment.
« C'est la place de mon père, sale bâtard ! »
Mathis est tombé, sa tête heurtant le coin d'une table basse en marbre. Le sang a coulé.
Je me suis précipité pour aider le petit, mais Carole m'a attrapé le bras.
Puis, sous mes yeux stupéfaits, elle, l'héritière orgueilleuse de l'empire viticole Gordon, s'est agenouillée devant moi.
« Louis, je t'en supplie, pardonne-moi. C'était une seule erreur, une nuit d'ivresse il y a des années. Je ne savais même pas qu'il existait. Je promets de les éloigner, toi et Léo ne les reverrez plus jamais. »
Sa voix était pleine de larmes, son visage tordu par le remords.
Dix ans. Dix ans que j'avais abandonné ma carrière de chef pâtissier pour devenir père au foyer. Dix ans que je m'occupais de Léo, que je gérais cette immense demeure, tout ça pour elle, pour notre famille.
J'ai regardé Léo, qui se cachait derrière les jambes de sa mère, puis le visage en pleurs de Carole.
J'ai soupiré. Pour notre mariage, j'ai choisi de pardonner.
« Fais ce que tu as dit, Carole. Éloigne-les. »
Je pensais que c'était la fin de l'histoire. J'avais tort.
Quelques jours plus tard, alors que je préparais le dîner, j'ai entendu des cris venant de la cave à vin. Je me suis précipité et j'ai trouvé une scène d'horreur.
Léo, encouragé par Carole qui riait à côté de lui, avait enfermé Mathis dans la cave glaciale. Il l'aspergeait avec du marc de raisin fermenté, un déchet visqueux et nauséabond.
Mathis était bleu, tremblant de tout son corps, sa respiration était un sifflement faible.
J'ai poussé Léo et j'ai sorti Mathis de là, l'enveloppant dans ma veste.
« Vous êtes fous ! Il va mourir ! » ai-je crié à Carole.
Elle a haussé les épaules. « Ce n'est qu'un jeu d'enfant, Louis. Tu dramatises toujours tout. Alan va s'en occuper. »
Mais Alan n'est jamais venu. J'ai dû conduire Mathis moi-même à l'hôpital du village voisin. Le médecin a été formel : hypothermie sévère et infection pulmonaire. Son état était critique.
En attendant devant la chambre, je voulais juste présenter mes excuses à Alan pour le comportement de ma famille. C'est alors que j'ai entendu des voix à l'intérieur. C'étaient Carole et Alan.
Je me suis approché de la porte entrouverte, et ce que j'ai entendu a brisé mon monde en mille morceaux.
« C'était mon idée de l'enfermer dans la cave, » disait Carole d'un ton léger. « Léo est bien mon fils, il a mon caractère. Il faut qu'il apprenne à se débarrasser de ce qui le gêne. »
La voix d'Alan était pleine d'admiration. « Tu es incroyable, ma chérie. »
« Ce petit bâtard est tenace, » a continué Carole, « mais pas pour longtemps. Je vais débrancher son assistance respiratoire. Personne ne saura jamais. Après tout, qui se soucie d'un enfant illégitime ? Et puis, il faut que tu sois rassuré, Alan. Notre fils, Léo, sera le seul héritier. C'est pour ça que j'ai ajouté cette petite chose dans le vin de Louis pendant des années. Il est stérile maintenant. Il ne pourra jamais avoir d'autre enfant. »
Un silence. Puis Alan a demandé : « Et Mathis ? Tu ne ressens rien ? C'est quand même ton... »
« Ne prononce pas ce mot ! » l'a coupé Carole. « Mathis est le fils de Louis. Le vrai. Celui que j'ai échangé à la naissance. C'était la seule façon pour que notre enfant, notre Léo, hérite de tout. Ce petit déchet est le seul obstacle. Et je vais l'enlever. »
Mon sang s'est glacé. Mes jambes ne me portaient plus. Mathis... mon fils. Mon véritable fils.
J'ai poussé la porte.
Ils se sont retournés, surpris. Leurs visages n'exprimaient aucune culpabilité. Juste de l'agacement d'avoir été interrompus.
Sur le lit, le petit corps de Mathis était immobile. L'écran à côté de lui montrait une ligne plate.
Mon fils était mort.
J'ai regardé Carole, la femme que j'avais aimée pendant une décennie.
« Je veux le divorce. »
Elle a éclaté d'un rire méprisant. « Le divorce ? Louis, ne sois pas ridicule. Tu n'es rien sans moi. Tu n'as pas un sou. Tu vas retourner dans ton trou minable d'où je t'ai sorti. »
Elle s'est approchée, son visage déformé par la haine. « Tu as entendu, n'est-ce pas ? Bien. Maintenant tu sais. Tu n'as jamais été à la hauteur. »
Envie de continuer la lecture ?
Continuez la lecture pour suivre la suite de l'histoire.
Continuer la lectureListe des chapitres
7 chapitres au total
/0/25466/coverbig.jpg)
/0/37393/coverbig.jpg)
/0/35923/coverbig.jpg)
/0/33590/coverbig.jpg)
/0/36061/coverbig.jpg)
/0/37288/coverbig.jpg)
/0/38601/coverbig.jpg)
/0/33700/coverbig.jpg)
/0/38029/coverbig.jpg)
/0/33347/coverbig.jpg)
/0/33548/coverbig.jpg)
/0/35524/coverbig.jpg)