/0/35402/coverbig.jpg)
Chapitre 2
Le silence s'installa dans la chambre, lourd et tendu. Léonie restait assise dans le lit, les draps de soie froids contre sa peau. Elle regardait Antoine, qui se tenait toujours près de la fenêtre, le visage tourné vers la ville qui s'illuminait. Une partie d'elle, une partie ancienne et stupide qu'elle croyait morte et enterrée, ressentit une pointe de douleur. C'était l'écho d'un amour passé, le fantôme d'un bonheur qu'elle avait cru possible. Elle serra les poings sous les couvertures, ses ongles s'enfonçant dans ses paumes. Cette faiblesse était un luxe qu'elle ne pouvait plus se permettre.
Antoine se retourna finalement, comme s'il sentait son trouble. Il s'approcha du lit et s'assit sur le bord, une précaution qu'il n'aurait jamais prise dans leur vie passée.
« Je sais que c'est difficile à accepter, Léonie. Je sais que je te demande beaucoup. »
Sa voix était douce, persuasive. C'était la voix qu'il utilisait pour obtenir tout ce qu'il voulait.
« Mais comprends-moi. La mort de Camille a pesé sur ma conscience comme une pierre. Chaque jour de ma vie passée a été un enfer à cause de cette culpabilité. Je ne peux pas revivre ça. En la sauvant, je me sauve moi-même. Et en me sauvant, je nous sauve nous. Je veux construire notre avenir sur des bases saines, sans fantômes entre nous. »
Il essaya de prendre sa main, mais Léonie la retira vivement, comme si son contact la brûlait.
Le visage d'Antoine se contracta légèrement, une ombre de frustration passant dans ses yeux avant qu'il ne la masque par un soupir de patience feinte.
« C'est juste pour sept jours, mon amour. Sept petits jours. Pense à ça comme à un petit sacrifice pour une éternité de bonheur. Je te promets que je ne la toucherai pas. Ce sera un mariage de convenance, rien de plus. Mon cœur t'appartient, et il t'appartiendra toujours. »
Léonie ne répondit pas. Elle se contenta de le regarder, ses yeux vides de toute l'adoration qu'ils contenaient autrefois. Elle voyait clair dans son jeu maintenant. Il ne parlait pas de leur bonheur, il parlait du sien. Il voulait effacer sa culpabilité, se laver les mains du sang de Camille, et ensuite, seulement ensuite, la prendre pour lui, comme un trophée bien mérité. Ses enfants n'étaient même pas une pensée dans son plan de rédemption. Leur existence, leur mort horrible, tout cela était effacé de son équation. Il ne cherchait pas à réparer les torts qu'il lui avait faits, à elle. Il cherchait seulement à apaiser sa propre conscience.
Le mépris qu'elle ressentait était si puissant qu'il en étouffait toute autre émotion. La tristesse, la colère, la douleur... tout cela s'effaçait devant ce dégoût pur et glacial.
Voyant son silence, Antoine se leva. Il pensa probablement qu'elle avait besoin de temps pour digérer la nouvelle. Il était toujours aussi arrogant, aussi sûr de son pouvoir sur elle.
« Repose-toi. Je dois aller préparer les choses pour le mariage avec Camille. Je reviendrai te voir ce soir. »
Il se pencha pour l'embrasser sur le front, mais Léonie tourna la tête au dernier moment. Ses lèvres effleurèrent ses cheveux. Il se figea une seconde, puis se redressa, une lueur froide dans le regard.
« Comme tu voudras. Mais ne fais rien de stupide, Léonie. Les portes sont gardées. Tu es en sécurité ici. Avec moi. »
Puis il quitta la pièce, fermant doucement la porte derrière lui. Le clic de la serrure résonna comme le verrou d'une cellule de prison.
Dès que ses pas s'éloignèrent dans le couloir, Léonie laissa échapper le souffle qu'elle retenait. Elle sentit le médaillon contre sa poitrine, vibrant d'une énergie chaude et constante. Le signal était clair, puissant. Ils venaient.
Elle regarda la porte fermée, une porte qui menait à un passé qu'elle refusait de revivre. Puis elle tourna son regard vers la fenêtre, vers le ciel immense et libre. Une direction opposée.
« Adieu, Antoine, » murmura-t-elle à la pièce vide.
Ce n'était pas seulement un adieu à l'homme, mais un adieu à la fille naïve qu'elle avait été. La fille qui croyait aux contes de fées bourgeois, qui pensait que l'amour pouvait tout conquérir. L'amour ne conquérait rien. Il détruisait. Il consumait.
Mais cette fois, elle ne serait pas consumée. Elle serait le feu.
C'est tout ce qui est disponible pour le moment.
Continuez la lecture pour suivre la suite de l'histoire.
Continuer la lectureListe des chapitres
11 chapitres au total
/0/25914/coverbig.jpg)
/0/34240/coverbig.jpg)
/0/18232/coverbig.jpg)
/0/14747/coverbig.jpg)
/0/35368/coverbig.jpg)
/0/36576/coverbig.jpg)
/0/33548/coverbig.jpg)
/0/35524/coverbig.jpg)
/0/33757/coverbig.jpg)
/0/33421/coverbig.jpg)
/0/33623/coverbig.jpg)
/0/33663/coverbig.jpg)