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Chapitre 2
À l'intérieur du chai, Léo a de nouveau murmuré. Sa voix était à peine un souffle.
« Papa... les résultats... »
Je me suis pressé contre la lucarne, essayant de capter chaque mot.
« Ne parle pas, mon fils. Garde tes forces. Je vais te sortir de là. »
« Dis à maman... j'ai eu mention Très Bien... J'espère qu'elle sera... contente... »
Puis, sa tête est retombée sur le côté. Ses yeux sont restés ouverts, fixant un point dans le vide.
Non. Non, non, non.
« LÉO ! »
Mon cri était un hurlement de bête blessée. J'ai frappé le mur jusqu'à ce que mes poings saignent, la douleur physique n'étant rien comparée à l'agonie qui déchirait mon âme. Il était mort. Mon fils était mort.
Dans un dernier sursaut de désespoir, j'ai rappelé Juliette.
« Il est mort, Juliette ! Tu l'as tué ! Tu as tué notre fils ! »
Sa voix est revenue, encore plus froide, mais cette fois, Kyle était avec elle. Je pouvais l'entendre chuchoter en arrière-plan.
« Ne l'écoute pas, ma chérie. C'est un menteur. Il fait ça pour te faire revenir. Il ne supporte pas que nous soyons heureux. »
Puis Juliette a parlé, ses mots comme des éclats de verre.
« Tu crois vraiment que je vais tomber dans ton piège ? Tu simules la mort de Léo pour me faire du chantage ? C'est pathétique, William. Sache que Kyle et moi sommes à Paris, dans une clinique privée. Nous commençons une fécondation in vitro. Même si Léo était vraiment mort, j'aurai bientôt un nouvel héritier. Un vrai. Pas le fils d'un raté comme toi. »
Elle a raccroché.
Anéanti. C'était le seul mot. J'étais anéanti. L'espoir était mort avec mon fils.
J'ai essayé d'appeler la sécurité du domaine. Une voix neutre m'a répondu.
« Désolé, Monsieur Moore. Nous ne pouvons pas intervenir. Le chai à glace n'appartient plus au domaine de Laroche-Gordon. Madame de Laroche-Gordon a transféré la propriété à Monsieur Kyle Evans le mois dernier. »
La trahison. Une autre couche de trahison. Elle avait tout planifié.
Je me suis laissé glisser au sol, le dos contre la porte froide. Je fixais le corps de mon fils à travers la lucarne, ses yeux grands ouverts me hantant. C'est alors que mon téléphone a sonné à nouveau. C'était mon père.
Je ne sais pas pourquoi j'ai répondu. Peut-être qu'une partie de moi cherchait désespérément un réconfort, n'importe lequel.
« William ? Alors, tu as réussi à obtenir l'argent pour ma nouvelle voiture ? Juliette a dit oui ? »
Ma voix était un murmure rauque.
« Léo est mort. Juliette l'a tué. »
Il y a eu un silence. Pas un silence de choc ou de chagrin. Un silence de calcul.
« Mort ? Bon sang, William, qu'est-ce que tu as fait pour la contrarier à ce point ? Tu ne pouvais pas simplement la fermer et faire ce qu'elle te disait ? Maintenant, elle va nous couper les vivres ! Tu es vraiment un bon à rien ! »
J'ai éclaté d'un rire. Un rire fou, hystérique, qui venait des profondeurs de mon désespoir.
« L'argent... C'est tout ce qui t'importe... »
J'ai raccroché et j'ai composé le 17.
« Gendarmerie, j'écoute ? »
« Mon fils... a été assassiné. Au Château de Laroche-Gordon... dans le chai à glace. Dépêchez-vous... s'il vous plaît... »
C'est tout ce qui est disponible pour le moment.
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