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Chapitre 3 II

« Mesdames et messieurs, ici votre commandant de bord. Bienvenue à vous sur le continent américain. Le soleil est de la partie aujourd’hui et il est actuellement 13 h 30. Merci d’avoir voyagé avec notre compagnie et au plaisir de vous revoir bientôt. »

Ah ! Enfin !

New York, je suis là.

*

Le vol s’était déroulé à merveille. Les hôtesses avaient toutes été plus gentilles les unes que les autres et je n’avais même pas vu les heures défiler grâce à ça ! Je ne ressentais pas encore les effets du décalage horaire, comme si la sieste que j’avais improvisée dans l’avion m’avait beaucoup aidée !

*

Une fois ma valise récupérée, je me dirigeai vers la porte de sortie afin de voir ce si beau soleil que je n’avais plus eu l’habitude d’apercevoir, car il fallait reconnaître qu’à Londres, c’était plus souvent la pluie que nous prenions plaisir à observer ! Je cherchai du regard mon chauffeur qui devait très certainement m’attendre quelque part quand tout à coup, je tombai nez à nez avec un homme.

Je le percutai sans faire exprès, ce qui me fit tomber en arrière. Heureusement que mon réflexe de poser le coude au sol me sauva sinon j’atterrissais tête la première sur le carrelage. Ce bel inconnu devait avoir à peu près mon âge, c’est-à-dire la vingtaine. Il était grand, mince et extrêmement sexy avec ses cheveux décoiffés qui lui tombaient sur le front.

Quoi ? Mais qu’est-ce que je raconte, moi ?

Je restai là quelques secondes à fixer ses beaux yeux noisette. À part le fait que j’avais un copain, je ne savais pas ce qui me retenait de lui sauter dessus !

— Vous comptez rester par terre encore longtemps ?

J’étais tellement obnubilée par ce don du ciel que j’en oubliai de me relever.

— Je… Euh… Je suis désolée, je ne regardais pas où j’allais… dis-je en me redressant.

— J’avais bien remarqué. Regardez où vous mettez les pieds, la prochaine fois.

Quoi ? Il est sérieux là ? J’ai loupé un épisode ou bien ça se passe comment ?

Il se retourna et partit comme si de rien n’était sans même me jeter un regard ou me tendre la main pour m’aider.

— Mais c’est ça, barre-toi ! criai-je, folle de rage.

Non, mais, pour qui se prenait-il celui-là ? Il aurait au moins pu m’aider à me relever !

Le petit intérêt que je lui avais porté jusqu’à présent avait disparu en une fraction de seconde, et tant mieux d’ailleurs…

*

Après cette petite mésaventure qui me restait en travers de la gorge, j’avais repris ma route en quête de mon pauvre chauffeur qui, je l’espérais, n’avait pas pris la fuite. Je marchai désespérément en priant tomber sur mon sauveur quand je vis mon prénom inscrit en lettres majuscules sur une pancarte au loin. Je soupirai de soulagement et relâchai la pression de ce matin. Je me précipitai sur le détenteur de ce carton qui n’était autre qu’un homme âgé d’une soixantaine d’années et qui avait l’air plutôt amical aux premiers abords. Il avait un visage banal, mais la risette qui s’affichait sur celui-ci quand il m’aperçut me donna un peu de baume au cœur.

— Excusez-moi, je suis…

— Mademoiselle Sanders ?

— C’est bien moi, oui.

— Enchanté, je m’appelle Georges Preston. Je suis le chauffeur de monsieur Handerson.

— Bien le bonjour à vous. Je suis vraiment désolée de ce léger retard, mais je me suis fait bousculer par un homme et cet abruti ne m’a pas attendue pour m’aider et je…

— Ne vous en faites pas ! Les gens sont toujours pressés de nos jours. Mais moi, je n’allais pas partir sans vous tout de même !

— C’est très aimable ! affirmai-je.

Quel soulagement ! Cet homme était un réel amour.

— C’est simplement mon travail, mademoiselle. D’ailleurs, si vous voulez bien me suivre…

— Bien sûr, avec plaisir.

Je ne m’étais pas trompée. Ce monsieur m’était fort sympathique et je sentais que l’alchimie allait bien passer entre nous !

*

Nous étions désormais en marche vers le parking de l’aéroport et mes yeux n’arrêtaient pas de s’écarquiller à chaque coin de celui-ci. C’était fou comme tout paraissait dix mille fois plus grand !

La voiture de monsieur Preston n’était autre qu’une belle Audi noire garée parmi tant de voitures banales. Vous voyez, c’était comme dans les séries américaines où votre chauffeur vous emmenait là où vous le souhaitiez, quand vous le souhaitiez… Toute cette fortune, cette gloire qui régnait ici, ce n’était pas mon monde. Je ne voyais pas la vie comme cela. Pourtant, je devrais m’y faire parce que c’était, en quelque sorte, mon avenir qui était en jeu à présent.

— Vous montez ? me demanda monsieur Preston.

J’étais en train de rêvasser depuis plusieurs secondes maintenant et je n’avais pas prêté attention à ce pauvre Georges qui me tenait la portière ouverte.

— Je… Euh… Oui, je m’excuse.

— Tout ceci vous émerveille, n’est-ce pas ?

— C’est que… Tout semble tellement plus grand ici.

— Mais c’est le cas ! New York est réputée pour ne pas faire les choses à moitié, vous savez

— J’ai pourtant peur de ne pas être assez à la hauteur de cette ville…

— Oh, mais vous y arriverez ! Si vous êtes ici, c’est parce que vous avez l’étoffe d’une gagnante, croyez-moi.

— Vous le pensez sincèrement ?

— Je n’ai aucune raison de vous mentir.

— Merci beaucoup pour votre gentillesse, monsieur Preston.

— Appelez-moi Georges, mademoiselle Sanders. Après tout, je vais devenir également votre chauffeur.

*

Le trajet se déroula à merveille. Je chantais les musiques qui défilaient tandis que monsieur Georges, de son côté, souriait bêtement. On formait plutôt un bon duo de prime abord. Une dizaine de minutes plus tard, nous étions arrivés devant l’hôtel.

Je ne vous raconterai pas la tête que j’avais lorsque cet énorme bâtiment s’était dressé devant moi : ma surprise fut grande ! L’hôtel dans lequel j’allais séjourner était gigantesque ! Il paraissait si spacieux et luxueux qu’on pouvait certainement s’y perdre simplement en entrant dans le hall !

— Alors, contente ? me demanda monsieur Georges.

— Évidemment ! Cet hôtel est fabuleux vu de l’extérieur !

— Je vous laisse imaginer comment il est à l’intérieur, dans ce cas…

— J’ai hâte de voir ça !

J’entrai la première par cette petite porte en verre et poussai un cri de stupéfaction. Un énorme plafond blanc avec de magnifiques lustres ornait cette grande salle de réception et des dizaines de fauteuils rouges y étaient disposés. Je me trouvais actuellement au paradis !

— C’est en attendant que monsieur vous trouve un petit studio pour vous installer confortablement, me glissa monsieur Georges.

— Ça fera parfaitement l’affaire, je vous assure ! Cet hôtel est parfait ! Merci beaucoup, monsieur Georges. Merci pour tout !

— Tout le plaisir est pour moi, mademoiselle Sanders. Je vous laisse vous adresser au réceptionniste et surtout, n’hésitez pas si vous rencontrez le moindre problème. Mon numéro de téléphone est inscrit sur cette petite carte.

— Merci !

*

Après avoir récupéré les clés de ma future habitation, je me dirigeai vers l’étage où se trouvait ma chambre et pour la énième fois de la journée, je restai stupéfaite ! Une pièce majestueuse avec une télévision, un grand lit pour deux personnes, une salle d’eau et tout le nécessaire de vie se dressait devant moi ! Les murs étaient peints avec de la couleur dorée et les rideaux étaient de couleur noire. C’était vraiment magnifique et digne d’une maison d’architecte !

— Waouh !

C’est tout ce qui s’échappait de ma bouche à cet instant précis. Je vivais littéralement dans un conte de fées. Même mon appartement à Londres ne faisait pas cette surface !

Après avoir fait le tour de l’habitat du regard, je m’installai sur le lit et décidai d’envoyer un message à Matthew pour le rassurer de mon arrivée. C’était la moindre des choses. Je pouvais bien faire ça.

« Coucou, je suis bien arrivée. Bisous. »

Si, comme moi, vous remarquez qu’il n’y a aucun sentiment dans ce message, alors vous avez vu juste. Après tout, j’ai dit que j’allais lui faire un message, pas que j’allais lui déclarer ma flamme à nouveau.

*

Ce lit était tellement confortable que j’avais réussi à m’assoupir quelques heures. Je décidai de bouger un peu et pris mon téléphone afin de voir si j’avais reçu de nouveaux messages. Matthew m’avait répondu et ma mère m’avait laissé un petit mot. J’avais également reçu un texto d’un numéro inconnu. Je décidai de le lire avant toute chose.

« Bonjour, mademoiselle Sanders.

Je vous attends dès ce soir pour un dîner. Mon chauffeur passera vous prendre. Disons 20 h.

J’ai hâte de vous rencontrer.

Monsieur Handerson »

Mon patron. Il voulait me rencontrer. Ce soir. Quel genre de patron envoyait un message à ses employés ? Était-ce un beau jeune homme ou au contraire, un vieux pervers tout laid ?

Et merde. On m’avait dit qu’il était sympa, mais j’avais oublié de demander à quoi il ressemblait. C’était un cauchemar. Je n’étais pas préparée à ce dîner et encore moins à cette rencontre !

Que vais-je bien pouvoir porter… ?

19 h 30

Je me ruai vers la salle de bain à toute vitesse afin de prendre une douche rapide. J’optai pour un chemisier blanc avec un pantalon noir et des talons. Ça fera l’affaire et puis de toute façon, j’avais tellement traîné qu’il m’était impossible de me changer maintenant ! Je pris mon téléphone pour prévenir monsieur Georges que j’étais prête et enfilai ma veste en cuir noir. Pourvu que je ne sois pas en retard pour mon premier rendez-vous !

Je sortis de ma chambre et me dirigeai vers le couloir pour aller attendre sagement mon chauffeur dans le hall. J’allais rencontrer mon patron. Je ne pouvais plus faire machine arrière désormais. C’était maintenant qu’il fallait que je montre qui j’étais !

Jillian Sanders.

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Liste des chapitres

42 chapitres au total

  1. Chapitre 1Chapitre 1 Prologue
  2. Chapitre 2Chapitre 2 I
  3. Chapitre 3Chapitre 3 II

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