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Chapitre 1

La voix du médecin résonnait encore dans mes oreilles, une phrase simple mais qui a changé mon destin.

« Félicitations, Madame Leclerc, vous êtes enceinte. »

Dans ma vie antérieure, ces mots avaient été le début de mon plus grand bonheur et de ma plus terrible tragédie. J'avais regardé mon mari, Antoine, avec des yeux pleins d'amour, croyant naïvement que cet enfant scellerait notre union et nous apporterait une joie éternelle.

Quelle idiote j'étais.

Je suis revenue à moi, allongée sur le lit de ma chambre. La lumière du soleil filtrait à travers les lourds rideaux de velours, dessinant des formes dorées sur le sol en marbre. Tout était identique. La même chambre, le même lit, le même jour. Le jour où ma mort a été programmée.

Un frisson glacial m'a parcouru l'échine. Le souvenir de ma mort était encore si vif, si brutal. Je me suis revue, le ventre lourd, face à ma demi-sœur, Mireille. Son visage, habituellement si raffiné, était tordu par une haine que je n'avais jamais comprise.

« Pourquoi ? » avais-je murmuré, le sang coulant de la blessure qu'elle m'avait infligée.

Elle avait ri, un son cristallin et cruel.

« Toi et ton bâtard, vous bloquez mon chemin. »

Puis Antoine était apparu, son regard vide de toute émotion, alors qu'il la laissait m'achever. Mon mari. L'homme que j'avais épousé par devoir, pour sauver l'honneur de ma famille après que Mireille ait fui son propre mariage arrangé avec lui. L'homme que j'avais fini par aimer.

La douleur de la trahison était pire que la douleur physique. Je suis morte en emportant mon enfant avec moi, mon amour et mes espoirs réduits à néant.

Mais maintenant, j'étais de retour.

Je me suis redressée lentement, posant une main protectrice sur mon ventre encore plat. Cette fois, les choses seraient différentes. Cette fois, je ne serais plus la Jeanne naïve et aveugle. Je serais la marionnettiste, et ils seraient mes pantins.

La porte s'est ouverte doucement. C'était Antoine. Grand, beau, l'aristocrate parfait. Son visage s'est illuminé d'une joie qui, je le savais maintenant, était entièrement fausse.

« Jeanne, mon amour ! Le médecin me l'a dit ! C'est une nouvelle merveilleuse ! »

Il s'est précipité à mes côtés, a pris mes mains dans les siennes, ses yeux brillant d'ambition. Pas pour moi, pas pour notre enfant, mais pour l'héritier de la famille Leclerc. Un pion de plus dans son jeu de pouvoir à la cour.

« Un héritier, Jeanne ! Enfin ! »

J'ai forcé un sourire, un sourire doux et aimant, le même que je lui avais offert dans ma vie passée.

« Je suis si heureuse, Antoine. »

Il a embrassé mon front, son contact me donnant la nausée.

« Nous devons le célébrer ! Annoncer la nouvelle à toute la famille ! »

J'ai secoué la tête, feignant la fatigue.

« Pas tout de suite, mon cher. Je me sens un peu faible. Je voudrais juste me reposer. »

J'ai vu une ombre de déception passer dans ses yeux, mais il l'a rapidement masquée.

« Bien sûr, mon amour. Ton bien-être et celui de notre enfant passent avant tout. »

C'est là que j'ai planté la première graine.

« Antoine, » ai-je dit d'une voix douce, « pourrais-tu demander à Mireille de venir me voir ? J'aimerais qu'elle soit la première à partager notre joie. Et peut-être... pourrait-elle aller annoncer la nouvelle à sa mère pour moi ? Je sais à quel point Madame Dubois sera ravie de l'apprendre de sa propre fille. »

Dans ma vie antérieure, j'avais voulu annoncer la nouvelle moi-même à ma belle-mère, espérant gagner un peu de son affection. J'avais été accueillie avec mépris. Elle ne m'avait jamais acceptée, favorisant toujours sa précieuse Mireille.

Cette fois, je leur servais leur réunion sur un plateau d'argent. Je savais qu'Antoine était déjà charmé par l'apparence cultivée et délicate de Mireille. Et je savais que Mireille, revenue après l'échec de sa fugue amoureuse, voyait en Antoine une opportunité qu'elle avait stupidement laissée passer.

L'inaccessible est toujours plus désirable. Je vais leur donner ce qu'ils pensent vouloir. Je vais les pousser l'un vers l'autre, attiser leur désir jusqu'à ce qu'il les consume.

Antoine a semblé ravi de ma proposition.

« Quelle excellente idée, Jeanne ! Tu es si attentionnée. Je vais chercher Mireille tout de suite. »

Il est sorti, pressé de retrouver celle qui hantait déjà ses pensées.

Je suis restée seule dans la chambre, le silence soudainement lourd de mes intentions. Mon sourire doux s'est effacé, remplacé par une expression froide et déterminée.

Le jeu a commencé, Mireille. Et cette fois, la gagnante, ce sera moi.

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Liste des chapitres

22 chapitres au total

  1. Chapitre 1Introduction
  2. Chapitre 2Chapitre 1
  3. Chapitre 3Chapitre 2

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