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Capítulo 3 Une hallucination
Quand j'ai rouvert les yeux j'étais assis par terre. Le téléphone était près de moi.
(Ouffffff) En espérant que ce soit la fatigue qui m'ait causé cette hallucination.
Puis j'ai entendu un bruit provenant du salon.
Je me suis levé pour regarder vers le divan. Pendant que je faisait ce mouvement il se relevait aussi et me dit
- Booooooooooooooooooooou !
J'ai pris le téléphone, Sara avait raccroché. J'ai décidé de la rappeler.
- Sara ?
- M... Oui ? Elle avait encore des sanglots dans la voix.
- Jean est ?
- Oui, Henry, il est parti !
Donc c'était bien réel, en tout cas concernant sa mort. J'ai regardé Jean mais pas de la façon que je le regardais un peu plus tôt. Je me suis dirigé vers ma chambre en espérant qu'il ne soit plus là demain.
Je ne pouvais pas croire ce qu'il m'arrivait, c'était dans mes récits que cela se produisait normalement. Je me suis couché dans mon lit et j'ai prié très fort pour une des rares fois dans ma vie. C'était peut-être juste passager, seul le temps allait me le dire. Mon cadran a sonné à six heures comme à chaque matin et normalement j'appuyais sur pause quelques fois avant de me lever.
Je l'ai fait une fois et lorsque mon horloge a sonné une deuxième et que je me suis retourné vers lui, c'est le visage de mon frère que j'ai vu m'implorant de me lever. J'ai fermé les yeux quelques secondes et ...
- Henry, ne me fait pas attendre.
Jean était dans le cadre de porte et me fixait sans bouger.
Cela n'aurait pas pu être juste un rêve ? Je me suis levé et je l'ai suivi dans la cuisine. Même si je l'ignorais du mieux que je pouvais, il me parlait sans arrêt comme une machine qu'on ne pouvait pas éteindre. Il me racontait quelques lignes de notre enfance. La baignade dans la piscine du quartier, les parties de baseball et la fois où je m'étais fait prendre à voler un sac de chips.
Bref, la liste était longue. Ensuite il est passé à l'adolescence difficile qu'on a eu, en me parlant en détail des pires moments. Parfois j'essayais de me concentrer très fort sur autre chose mais sans réel succès. Je suis allé au bureau pour essayer de me changer les idées. J'étais le directeur des ventes au département de l'informatique d'une grande entreprise connue à Québec.
J'avais une dizaine de représentants à gérer, donc toute ma concentration était requise. Je me suis assis à mon bureau et j'ai commencé à effeuiller la pile de factures. Pamela mon adjointe administrative est entrée dans le bureau et m'a énuméré les rendez-vous de la journée. Jean lui, était assis sur le coin de mon bureau et tentait de me déconcentrer.
- Regarde ma carte recrue de Alexandre Daigle, elle est encore intacte. As-tu encore ta collection de cartes de Rickey Henderson ?
Je focalisais sur Pam mais c'était difficile. Je n'avais pas compris la moitié de ce qu'elle m'avait dit. Je n'aurai pas le choix de consulter quelqu'un. J'ai ouvert une page web et j'ai abandonné de peur que l'historique soit consulté par autrui. J'ai regardé dans le bottin téléphonique, puis j'ai choisi celui qui était le plus près de chez moi. Juste avant que je commence à composer, j'ai entendu:
- Pourquoi tu fais ça, on pourrait vivre en harmonie tous les deux.
Je n'ai pas répondu et j'ai composé le numéro. J'ai pris un rendez-vous pour le lendemain matin, je leur ai dit que c'était urgent.
Ensuite la journée a été très longue, chaque fois qu’un vendeur traversait la porte il faisait son petit commentaire.
- Christ lui, il a l'air fendant !
C'était Jérôme le deuxième meilleur représentant. Il l’a regardé attentivement et a ajouté:
- Est-ce que c’est ses vrais cheveux ? Regarde, on voit la démarcation.
J'ai esquissé un sourire mais Jérôme ne m’a pas vu. Comment j'allais faire pour finir la journée ? Mon dernier rendez-vous était avec Amélie, la meilleure de toute l'équipe et la plus belle. Connaissant mon frère, il n'allait pas arrêter de jacasser et en effet dès qu'elle a traversé le cadre de porte il a commencé.
- Wow, beau morceau, j'y ferais pas mal à elle.
Je me suis pris la tête à deux main et je me suis dit: Je le savais Amélie m’a interrogé suite à mon geste. Que se passe-t-il Henry ? Rien, j'ai un peu mal à la tête, suite à notre entretien je vais quitter.
Je m'y attendais mais Jean a ajouté son petit commentaire.
- Amène-là avec toi, ça va me faire un petit divertissement pour la soirée !
J'ai jeté un œil dans sa direction sans rien dire. Puis la journée s'est terminée, enfin mon calvaire était fini pour aujourd'hui du moins. Je me suis dirigé vers la maison, une fois là-bas j'ai déposé mes clés et mon porte-feuille sur la table du salon et j'ai ouvert une bouteille de rhum déjà entamée. Un verre de rhum sur glace et deux ibuprofènes pour faire passer le mal de tête.
J'ai commencé à regarder une émission culinaire qui passait à la télé et après quelques verres j'ai fini par m'endormir sur le fauteuil.
C'est tout ce qui est disponible pour le moment.
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